Valais

Slobodan Despot au service d’Oskar Freysinger

L’éditeur serbe sera le chargé de communication du conseiller d’Etat

Slobodan Despot sera le chargé de communication d’Oskar Freysinger dès le 1er septembre. «Le chef du Département de la formation et de la sécurité entend ainsi répondre aux multiples et diverses sollicitations médiatiques dont il est l’objet», précise le communiqué de l’Etat du Valais publié lundi soir. Depuis son élection, Oskar Freysinger parlait de trouver une place pour Slobodan Despot au sein de son département, estimant qu’il avait besoin d’une personne de confiance. Reste que Slobodan Despot ne fera pas véritablement partie du département puisqu’il est mandaté comme collaborateur externe, à temps partiel et selon un contrat renouvelable chaque année.

Amitié de longue date

Aucun autre conseiller d’Etat ne dispose d’un tel appui médiatique. L’habitude veut que le secrétaire général du département soit aussi le répondant auprès des médias. «Le département d’Oskar Freysinger rassemble près de la moitié des collaborateurs de l’Etat, ce qui représente une charge importante, et puis Oskar est cinquante fois plus sollicité que les autres conseillers d’Etat», explique Slobodan Despot pour justifier l’exception.

Les deux hommes sont amis depuis longtemps. L’éditeur a publié plusieurs textes d’Oskar Freysinger. Notamment Canines, un roman parlant de l’affaire Luca, ce petit garçon retrouvé nu et en hypothermie dans la neige à Veysonnaz. L’ouvrage met en doute le travail de la justice et de la police valaisanne. Les deux hommes ont aussi travaillé ensemble sur un texte paru juste après la votation sur les minarets. Oskar et les minarets est écrit par Slobodan Despot. «Mieux vaut son éditeur comme chargé de communication que quelqu’un qui ne vous aime pas», estime ce dernier.

L’homme est un habile rhétoricien. Il ne se démonte pas quand on lui demande s’il pourra poursuivre les tribunes, parfois très politisées, qu’il écrit depuis six ans dans la presse locale. «Politisées! Pouvez-vous m’en citer une?» rétorque-t-il. Slobodan Despot a pris position pour l’enterrement de la ligne à très haute tension qui doit être construite sur la rive gauche du Rhône. Selon la ligne de l’UDC. Il a argumenté en faveur de l’expulsion des gens du voyage qui avaient pris possession d’un champ dans le Chablais l’été passé. Ce que le conseiller d’Etat UDC vient de mettre en œuvre. Il a critiqué Christian Varone au moment où celui-ci affrontait Oskar Freysinger dans la course au Conseil d’Etat. «Il a omis de dire que son caillou était sculpté et donc patrimonial. Cette manière de tourner les choses ferait-elle partie des qualités requises par la charge qu’il brigue?» demandait-il dans la presse. Il répond alors qu’étant impliqué dans le travail du gouvernement, il ne traitera pas de sujets en relation directe avec les départements de son chef.

Slobodan Despot vit à Saillon, un petit village de la plaine valaisanne. En Valais, il est proche du rédacteur en chef du Nouvelliste, Jean-François Fournier, qui lui offre une tribune depuis six ans. C’est aussi dans le Nouvelliste qu’il publie des textes sur les «lieux mystiques» valaisans dans les pages «Eglises». Il soutient Jean Romain – un autre chroniqueur régulier de la presse locale –, défenseur d’une école qui ne veut pas des innovations pédagogiques mais «place le savoir au centre du projet scolaire».

«Je n’ai pas nié le génocide»

Hors canton, Slobodan Despot est souvent décrit comme un personnage sulfureux, nationaliste serbe qui nie le génocide de Srebrenica. «Je n’ai pas nié le génocide, j’ai seulement posé des questions, qui plus est dans une tribune que m’a offerte votre journal. Vous n’auriez pas publié un négationniste», répond-il.

Il trébuche pourtant sur une question. Comment Oskar Freysinger a-t-il pu l’engager alors qu’il ne cesse de dire qu’il doit économiser 25 millions de francs dans son département? «Parce que je suis très bon marché», rigole-t-il d’abord. «Cette question n’a pas de sens», déclare-t-il quand on lui demande ce que veut dire bon marché. Puis il se reprend et attaque: «Un conseiller d’Etat a le droit de nommer des gens, là où il l’estime utile; il faudrait plutôt demander au prédécesseur d’Oskar Freysinger pourquoi on maintient des postes dont l’utilité n’est pas justifiée.»

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