Politique

Le socialiste Mario Fehr affronte le vote de sa base

Le Parti socialiste zurichois convoque ses délégués à une assemblée extraordinaire pour décider de l'avenir de son ministre controversé

Le Parti socialiste (PS) zurichois se prononce mardi sur le destin du plus controversé de ses membres: Mario Fehr. Convoqués à une assemblée extraordinaire, les délégués du PS sont invités à valider les candidatures aux élections cantonales de 2019 de leurs deux représentants actuels à l’exécutif: Jacqueline Fehr et Mario Fehr. Cette procédure, qui intervient un an avant le scrutin, n’est pas habituelle. Elle s’apparente à un vote de confiance pour le ministre controversé.

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Le conseiller d’Etat, tenant d’une ligne dure sur l’asile et la sécurité, cristallise les luttes intestines du parti, divisé entre une aile sociale-libérale – à laquelle appartient Mario Fehr – et un courant à la gauche de la gauche mené par les Jeunes socialistes (Juso). Ce qui se joue au sein de la section zurichoise attire d’ailleurs l’attention au-delà des frontières cantonales. Même le président du PS national, Christian Levrat, s’en mêle, prenant la défense du Zurichois: «Mario Fehr est des nôtres, il représente une figure importante du parti», a-t-il déclaré samedi dans le Tages-Anzeiger.

Stratégie risquée

«Le parti cantonal tente de désamorcer le conflit et de régler le cas Fehr en amont afin qu’il n’empoisonne pas la future campagne», observe Louis Perron. Une stratégie «utile et nécessaire», estime le politologue, mais risquée. S’il était écarté par sa base, Mario Fehr pourrait se lancer dans la course en tant que candidat indépendant, en misant sur sa popularité. L’ancien conseiller national a toujours fait parmi les meilleurs scores lors des élections. Sans lui, son parti pourrait perdre l’un de ses deux sièges à l’exécutif cantonal.

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Mais le feu couve depuis trop longtemps. Responsable de la police, de l’asile, de l’aide sociale et du sport, Mario Fehr a opté pour une ligne dure qui le rend très impopulaire dans son propre camp. Exécutions strictes de renvois, mesures visant à limiter les déplacements de requérants déboutés: plusieurs décisions prises sous sa houlette ont alimenté la crise au sein du PS. A tel point que, début 2017, le président du parti cantonal, Daniel Frei, usé par les tensions, démissionnait.

En 2015 déjà, les Jeunes socialistes (Juso) optaient pour la confrontation en déposant une plainte pénale contre Mario Fehr, pour protester contre l’achat par la police cantonale d’un logiciel espion controversé. Outré, le conseiller d’Etat avait suspendu son appartenance au parti.

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