Même le Parti socialiste (PS) rétribue parfois des tiers pour qu'ils récoltent des signatures dans le cadre d'une initiative. «C'est exceptionnel», précise la présidente du PS. Dernier exemple socialiste en date, l'initiative pour une santé à un prix abordable. Elle a abouti début juin, à quelques jours de l'échéance légale, munie de 111 451 signatures. Craignant, dans les derniers mois de la récolte, de ne pas atteindre les 100 000 paraphes nécessaires, le PS a eu recours à des étudiants, qu'il a payés. Résultat: sur les 111 451 signatures apposées sur les listes, 5000 ont été récoltées par des étudiants rétribués, affirme Ursula Koch.

Interrogée lundi par la Radio suisse romande, la présidente du groupe socialiste des Chambres fédérales, Ursula Hafner, trouvait choquant que l'UDC paie des gens pour qu'ils participent à la récolte des signatures. Elle ignorait à ce moment-là que l'USS, confrontée à la difficulté de faire aboutir son initiative sur la diminution du temps de travail, initiative soutenue par le PS, avait décidé de rétribuer des étudiants 50 francs de l'heure.

Ce que, de son côté, Ursula Koch trouve choquant, ce n'est pas tant le fait de payer des gens que le manque de transparence entourant le financement des initiatives et des référendums, ainsi que celui des partis politiques. Elle souhaite l'adoption d'une loi fédérale à ce propos. La présidente du PS demande que soient rendus publics les dons de plus de 1000 francs – qu'ils émanent de privés, d'entreprises ou d'organisations. Elle réclame aussi des «moyens égaux» pour les partis. «Nous, socialistes, dit-elle, ne pouvons pas mobiliser les sommes que l'UDC, grâce aux millionnaires Christoph Blocher ou Martin Ebner, obtient facilement.»

A. M.