Vaud

Les socialistes vaudois bannissent Pierre Chiffelle

L’ancien conseiller d’Etat s’est porté candidat à la municipalité de Vevey en créant une liste concurrente du PS. Les instances cantonales le boutent hors du parti

Nouveau sursaut pour le remuant avocat. Le Parti socialiste vaudois (PSV) a finalement décidé d’exclure Pierre Chiffelle de ses rangs, confirmant ce que les dirigeants du parti ont laissé entendre ces derniers jours. L’ancien conseiller d’Etat vaudois s’est relancé en politique le 29 février, au lendemain du premier tour des élections communales, en lançant à Vevey une liste indépendante, dite «Gauche libre».

Président du PSV, Stéphane Montangero relève que cette démarche «va à l’encontre des intérêts du parti, en raison de cette liste concurrente lancée sans aucune discussion avec la section locale ou les instances cantonales».

Un PS en mauvaise posture

Le PS est en mauvaise posture à Vevey, où le scrutin du 28 février s’est conclu par un ballottage général. Le meilleur score, 33%, a été obtenu par l’ancien trublion de la politique locale Jérôme Christen, sortant, sur les listes Vevey Libre et Alliance du centre. Il est suivi par l’écologiste sortante Elina Leimgruber. Le premier socialiste n’arrive qu’en cinquième position. A Vevey, la municipalité compte quatre dicastères seulement.

Pierre Chiffelle a siégé à l’exécutif de Vevey dans les années 1990. Elu ministre cantonal, il a démissionné en 2004 du Conseil d’Etat vaudois pour raisons de santé. Il continue de toucher une rente d’environ 10 000 francs par mois que certains, y compris au PSV, ne manquent pas de contester. Ces dernières années, il ne s’est guère reposé, s’époumonant au service de l’association Helvetia Nostra de Franz Weber, en particulier dans la bataille contre les résidences secondaires. Face à tant d’activité, le Grand Conseil vaudois a demandé des expertises médicales, par rapport à la rente.

Lire aussi: Pierre Chiffelle sommé de démontrer qu’il mérite sa rente d’ancien conseiller d’Etat

Pour sauver un siège

L’intéressé assure qu’il rembourse lorsqu’il est tenu de le faire – si ses revenus dépassent un certain seuil – et qu’il se sent à même d’assurer un poste à 80% tel que celui de municipal.

Ces dernières années, il s’est souvent exprimé, de manière critique, sur les choix de la municipalité. Il dit se lancer in extremis pour sauver un siège de gauche, mais dans son parti, certains le soupçonnent d’avoir préparé son coup. Désormais lâché par sa formation, moins populaire à Vevey que dans les grandes heures du tandem qu’il formait avec Yves Christen, Pierre Chiffelle va sans doute se trouver dans une position plus difficile qu’il n’imaginait.

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