VIP, le coffre-fort opaque de Téléveysonnaz

L’un des grands écueils sur lesquels échouent les idées de fusion, c’est la structure et le fonctionnement de Téléveysonnaz. Jean-Marie Fournier n’a par exemple jamais voulu transmettre ses chiffres d’affaires. Ni pour calculer la clé de répartition des recettes des remontées mécaniques, ni devant les tribunaux. «Je suis pudique», argumente-t-il.

Téléveysonnaz, comme toutes les sociétés de remontées mécaniques, appartient en partie à des collectivités publiques. Mais elle est la seule en Valais à louer ses installations à VIP, société privée appartenant à Jean-Marie Fournier et à sa famille. Le chiffre d’affaires des journées skieurs et de toute l’infrastructure est encaissé par VIP, qui paie en échange 2,3 millions de loyer à Téléveysonnaz. Les communes qui ont participé à l’augmentation de capital de 2,7 millions en 2005 ont investi sans connaître ni le chiffre d’affaires, ni le bénéfice de la société. Cette opacité pose problème à certains membres des 4 Vallées. «Les communes étaient assurées que Téléveysonnaz était saine grâce au versement du loyer qui doit impérativement couvrir les charges», argumente Jean-Marie Fournier. Reste que personne ne sait quel est le montant du bénéfice qui reste dans la poche du privé. «Elles connaissaient le mécanisme quand ­elles ont signé. Par ailleurs, VIP c’est une structure verticale comme il en existe aux Etats-Unis, qui intègre l’immobilier, les restaurants, les hôtels, les commerces, les parkings et les remontées mécaniques. Ainsi, il est très facile d’investir dans un hôtel ou un parking», explique Jean-Marie Fournier.

Rabais pour les communes

Quant aux communes, elles ne se sont pas préoccupées de ces actions achetées il y a dix ans. Certains présidents ne savaient pas qu’elles existaient. «Ces 200 000 francs d’actions ont été achetés avant mon mandat, nous n’avons jamais participé à l’assemblée générale des actionnaires», dit Michel Dubuis, président de Savièse. «En contrepartie, nous avons des rabais sur les journées de ski pour les habitants de la commune.» Le discours est le même à Conthey et à Vex. «Aujourd’hui, Téléveysonnaz fait tout comme elle veut et c’est son droit, mais il faudrait un mode de fonctionnement commun si l’on entend intensifier nos collaborations», estime Danny Defago, président de Vex et administrateur de Télé-Thyon. «Peut-être qu’avec le projet de fusion entre Téléveysonnaz et Télé-Nendaz, il faudra songer à extraire Téléveysonnaz de VIP», reconnaît Jean-Marie Fournier. «Mais ce n’est qu’une option parmi d’autres.»