Quelles leçons tirer de l'échec de la multinationale suédo-suisse ABB, qui vient de rater un contrat de 1,8 milliard de francs avec l'Iran (Le Temps du 1er juillet)? Les trente turbines à gaz souhaitées par l'Iran ont finalement été commandées au groupe italien Ansaldo. Officiellement, c'est la qualité des relations diplomatiques entre Rome et Téhéran qui a fait la différence.

Reste qu'à la veille de son départ de Téhéran, l'ambassadeur Rudolf Weiersmüller expliquait au Temps la difficulté pour la Suisse de rivaliser avec ses voisins européens pour signer de gros contrats avec l'Iran. «Il ne faut pas s'enthousiasmer trop vite, déclarait le diplomate. En Arabie, quand le prix du pétrole a explosé, beaucoup de nos entreprises ont lancé des projets mal ficelés et se sont cassé les dents. Nos échanges avec l'Iran sont stables. Il y a des possibilités, surtout dans le domaine de l'énergie. Mais n'attendons pas d'exploits spectaculaires. L'industrie suisse n'a pas la taille pour les immenses projets de la région, comme ce pipeline qui doit descendre du Turkménistan au Golfe persique».

Les échanges à la loupe

La Suisse, qui octroie chaque année quelque 5000 visas à des Iraniens, a exporté en Iran pour 290 millions de francs de marchandises en 1998. Il s'agit de machines (43,5%), de produits pharmaceutiques et chimiques (35,6%). Elle en importe surtout des tapis (44,5%), des pistaches et du caviar (12,6%), pour 60 millions par an. Il n'y a pas encore d'investissements suisses en Iran à proprement parler, mais Nestlé cherche depuis longtemps à y implanter une usine de produits lactés, alors qu'André et EMS Chemie sont pressentis pour une usine de bouteilles P.E.T.

S. M.