Stalking

Comment soigner le harcèlement?

Les comportements problématiques peuvent être soignés. À condition toutefois d’accepter qu’ils existent

Dans un communiqué diffusé ce lundi, Yannick Buttet annonçait se retirer de ses fonctions afin de suivre un traitement pour maîtriser sa consommation d’alcool. Est-ce la bonne manière d’appréhender un problème de harcèlement?

Secrétaire générale de l’Association professionnelle suisse de consultations contre la violence (APSCV), Anne Trau est dubitative: «Justifier des comportements déplacés par l’alcool, un travail stressant ou tout autre facteur représente une manière de minimiser la chose.»

Alcoolémie et violence sont deux thématiques séparées qui demandent des suivis différents. Ce n’est pas parce que quelqu’un boit qu’il devient un stalker

Anne Trau, secrétaire générale de l’APSCV

Un traitement des problèmes de boisson est certes nécessaire, affirme la psychothérapeute, toutefois sans accompagnement thérapeutique il ne peut résoudre les troubles comportementaux sous-jacents. «Alcoolémie et violence sont deux thématiques séparées qui demandent des suivis différents. Ce n’est pas parce que quelqu’un boit qu’il devient un stalker

Une conduite déviante peut cependant tout à fait être traitée. En octobre 2017, le Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes rendait public un rapport intitulé «Mesures de lutte contre le stalking. Vue d’ensemble des pratiques appliquées en Suisse et à l’étranger». Dans 90% des cas, affirme le document, les auteurs∙e∙s de stalking ne sont pas «malades» mais souffrent de troubles comportementaux. Or le comportement, déclare Anne Trau, «ça se travaille».


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