Santé

«Les soins médicaux doivent être gratuits pour les détenus»

Le professeur Hans Wolff, président de la Conférence des médecins pénitentiaires suisses, critique de nouvelles directives susceptibles de nuire aux efforts de prévention et de traitement en milieu carcéral. Interview

De toutes nouvelles règles sur le financement des soins en prison suscitent la controverse et font réagir le monde médical. Le sujet est complexe et sensible, sachant que l’exécution des peines relève des cantons, que les pratiques sont fort disparates (allant de la gratuité au versement obligatoire d’une somme pour chaque consultation) et qu’une bonne partie des détenus ne sont pas domiciliés en Suisse et n’ont pas d’assurance maladie.

Dans une tentative d’harmonisation (ce n’est pas gagné), les principes adoptés font désormais supporter à toutes les personnes incarcérées — assurées ou pas — les coûts non couverts, la franchise (fixée à un équivalent de 300 francs pour le détenu non assuré et jusqu’à 2500 francs si celui-ci a des ressources suffisantes) et la quote-part jusqu’à un maximum de 700 francs par an. La Conférence latine des autorités cantonales compétentes en matière d’exécution des peines et mesures a formalisé cela dans une «Décision sur les frais médicaux». Les détenus assujettis à la LAMal ou à une assurance étrangère doivent aussi payer leurs primes et participer aux démarches pour solliciter des subsides ou un remboursement.