«Le peuple suisse a donné un mandat clair au gouvernement et au parlement», se félicitait hier le président du parti national-conservateur, Toni Brunner, attrapé au vol près de la place Fédérale.

Sur le Röstigraben des résultats, l’UDC saint-gallois indiquait que son parti «est habitué à ce décalage, qui s’explique cette fois-ci par une attitude plus retenue des Romands vis-à-vis des questions de sécurité. Mais nous constatons également un taux de votes romands plus fort qu’avant.»

«S’asseoir sur nos lauriers»

A l’hôtel Bären, le QG bernois du parti en ce dimanche de votations, l’atmosphère était étonnamment feutrée. Le conseiller national Yvan Perrin ne cachait pas avoir eu chaud: «En entendant les premières estimations ce matin en venant de Neuchâtel, j’étais verdâtre.» Celles-ci laissaient en effet planer un doute sur les chances de succès de l’initiative. Le vice-président romand de l’UDC a repris des couleurs avec la victoire de son parti et «la déculottée» du contre-projet. «Nous sommes bien le parti crédible sur les étrangers, un thème dont nous nous occupons depuis longtemps», s’est réjoui l’élu neuchâtelois. Avant d’admettre «avoir du mal à comprendre» les votes romands: «Il semble qu’on ne peut pas forcément établir un lien entre les problèmes rencontrés sur le terrain et l’acceptation de l’initiative.»

Le défi pour son parti est donc de renforcer son assise en Suisse romande. «Mais la présence des jeunes ici est encourageante.» Parmi eux, devant une des tables dont les sous-verres à bière sont décorés des fameux moutons noirs, Marielle Gallay, 24 ans, représentante vaudoise des Jeunes UDC, témoigne: actuellement étudiante à Lucerne, la jeune femme indique se sentir «presque mieux» outre-Sarine, «plus ancrée dans ses racines» que la Suisse romande.

La prochaine étape? La loi d’application de l’initiative sur le renvoi, «qui devra être présentée par le gouvernement dès l’été prochain», a rappelé le président Toni Brunner. «Nous verrons bien si les partis du centre sont cohérents et s’ils soutiennent nos propositions», glissait Yvan Perrin. Depuis Genève, le conseiller national Yves Nidegger se disait pour sa part persuadé que les perdants du jour n’auraient pas «l’idée d’édulcorer le texte».

En attendant, cette éclatante et nouvelle victoire permettra-t-elle à l’UDC d’envisager avec sérénité l’année électorale qui se profile? «Le risque, c’est de nous asseoir sur nos lauriers. Nous devons absolument rester mobilisés», selon Yvan Perrin.

Gageons que samedi prochain, sur la plaine vaudoise de Coinsins, les UDC réunis en congrès fêteront avec un peu moins de retenue les résultats de ce dimanche .