Que révèle le sondage interne mené par le PLR autour de la thématique du climat? Les résultats détaillés, désormais disponibles, montrent que les membres du parti qui ont répondu à l’enquête – un peu plus de 14 000 sur 120 000 – se soucient du climat et de l’environnement. Ce thème largement médiatisé est jugé préoccupant par 81% des sondés. Il n’occupe toutefois que le quatrième rang de leurs priorités, derrière les coûts de la santé et les primes d’assurance maladie (94%), les retraites (90%) et les relations entre la Suisse et l’UE (84%).

Lire aussi: Le PLR corrige son image

Ils sont 68% à penser qu’une politique proactive peut être utile à l’économie suisse, mais 67% misent en premier lieu sur la responsabilité individuelle et se disent prêts à apporter leur contribution. Sous quelle forme? 91% disent vouloir acheter des appareils moins énergivores, 90% misent sur l’assainissement énergétique des bâtiments, 88% comptent privilégier les produits locaux et saisonniers, 89% souhaitent encourager le recyclage, 85% promettent de mieux trier les déchets, 81% envisagent de rapprocher leur logement de leur lieu de travail, et ça continue ainsi avec une bonne douzaine d’autres propositions. 74% se déclarent disposés à moins utiliser les airs pour voyager et 73% encouragent l’introduction d’une taxe sur les billets d’avion.

Lire également: Le plan climatique subsidiaire du PLR

Selon cette enquête, 56% des membres du PLR seraient également d’accord de renoncer à une voiture individuelle et 58% accepteraient une taxe CO2 sur les carburants dont les recettes seraient redistribuées à la population. Une question a porté sur les centrales nucléaires: 56% des participants à l’enquête, principalement alémaniques, expriment le désir de voir sortir de terre des usines de nouvelle génération. La nouvelle législation interdit pourtant la construction de nouvelles centrales nucléaires.

Pourquoi 88% n’ont-ils pas répondu?

Le sondage montre une nette majorité favorable à la transposition en Suisse de l’accord de Paris sur le climat, mais 66% estiment qu’il serait faux de fixer un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre en Suisse. Ce dernier point a été l’une des raisons de l’échec de la loi sur le CO2 au Conseil national en décembre. Globalement, 78% des personnes sondées en moyenne attendent du PLR qu’il s’engage plus activement pour la protection du climat et de l’environnement. Ce vœu est exprimé par les hommes comme par les femmes et dans toutes les régions linguistiques. Mais les mesures les plus incisives ne recueillent guère de majorité.

Lire aussi: Le sauvetage de la loi sur le CO2 est lancé

Ces résultats ont été présentés vendredi aux présidents des sections cantonales du parti, réunis à Flawil (SG). Comme ils ne reposent sur les réponses que de 12% des membres du parti, sont-ils représentatifs? L’institut gfs.bern, qui a piloté l’étude, parle d’un «taux de retour réjouissant». Peut-être. Néanmoins, la direction du parti devra se demander pourquoi 88% n’ont pas répondu au questionnaire.

Combien, parmi eux, ne souhaitent-ils tout simplement aucun changement de politique environnementale et climatique? Certaines réponses donnent l’impression que le PLR se fond dans le Parti vert’libéral: la réalité interne est forcément plus complexe. La tâche de la présidente Petra Gössi ne sera pas simple. Elle va devoir affiner l’analyse de ces résultats, l’objectif étant de préparer un document stratégique qui sera soumis à l’assemblée des délégués le 22 juin à Zurich.