GLARIS

La «sorcière» Anna Göldi pourra être réhabilitée

D'abord réticent, le gouvernement veut annuler la condamnation à mort de 1782.

Anna Göldi, dernière femme à avoir été condamnée à mort pour sorcellerie en Europe, pourra être réhabilitée. D'abord réticent à cette démarche, le gouvernement glaronais est revenu sur sa position. L'approbation du parlement le 24 octobre dernier d'une motion allant dans ce sens l'y a contraint. Dans le texte transmis au parlement, le gouvernement a fait savoir qu'il veut ainsi «annuler une sanction incompréhensible et inique, une grave erreur». La condamnation a été prononcée, il y a 225 ans, par une instance, le conseil de l'Eglise protestante glaronaise, qui n'était pas habilitée à le faire. La peine de mort n'était en outre plus en vigueur, ajoute le Conseil d'Etat. Il demande donc au parlement d'annuler la condamnation prononcée en 1782.

Cette année-là, la belle femme au tempérament indépendant était décapitée le 13 juin, à l'âge de 48 ans, sur la place publique à Glaris. Employée chez un notable et médecin local, avec qui elle avait une relation, elle avait été accusée d'être à l'origine de la maladie de sa fille de 8 ans, qui aurait craché des épingles. Mais Johann Jakob Tschudi craignait surtout pour sa carrière, qui aurait été compromise s'il avait pu être établi qu'il était infidèle.

Le complot des notables

A Glaris, comme dans toute la Suisse alémanique, l'histoire d'Anna Göldi a beaucoup passionné ces derniers mois, depuis l'anniversaire de sa mort, en juin. Un livre-enquête du journaliste Walter Hauser a démontré le complot des notables locaux contre la «sorcière» glaronaise. De son côté, l'ancien conseiller aux Etats radical Fritz Schiesser, désormais député et président du Conseil des EPF, s'est engagé pour sa réhabilitation avec une motion au Grand Conseil. Aussi pour donner l'occasion aux Glaronais de revoir leur image de derniers à condamner à mort une prétendue sorcière.

Depuis l'été dernier, un musée est ouvert dans le canton en l'honneur d'Anna Göldi, à Mollis. Hier le gouvernement a fait savoir que 120 000 francs seraient consacrés à un prochain spectacle en son honneur. Il entend ainsi montrer qu'il ne veut pas simplement tirer un trait sur cette histoire.

Publicité