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Le prochain défi sera la consolidation du secteur de l’hydroélectricité. Celui-ci se trouve dans une situation difficile, à cause de l’effondrement du prix de vente du kWh.
© ALESSANDRO DELLA BELLA / Keystone

Energie

Le sort de l’énergie hydraulique est prioritaire

La nouvelle loi sur l’énergie est acceptée par 58,2% des votants. Elle fixe d’importants jalons pour sortir progressivement du nucléaire. Sa mise en œuvre prendra du temps. Dans un premier temps, les regards se tournent vers les barrages, en difficulté à cause de l’effondrement du prix de vente du kWh

Tout le monde s’accorde sur ce point: la loi sur l’énergie acceptée dimanche par 58,2% des votants et dans tous les cantons – sauf Glaris (56,3% de non), Schwyz (55,8%), Argovie (51,8, le canton du nucléaire) et Obwald (50,2%) mais avec des pics d’approbation de 73,5% dans le canton de Vaud et de 72,5% à Genève – que le premier maillon d’une Stratégie énergétique 2050 (SE 2050) qui en comptera d’autres. Il y a désaccord sur le calendrier et le contenu de ces étapes futures. Un élément semble cependant se dessiner: le prochain défi, ce sera la consolidation du secteur de l’hydroélectricité. Celui-ci se trouve dans une situation difficile, car le prix de vente du kWh est inférieur à 4 centimes alors que les coûts de production sont bien plus élevés.

Lorsque, après la catastrophe de Fukushima, le Conseil fédéral a décidé de mettre en route l’abandon progressif du nucléaire, l’énergie hydraulique, qui fournit 60% de l’électricité produite en Suisse, n’était pas encore confrontée à l’effondrement des prix du marché. Elle s’est invitée dans le débat par la suite et s’est trouvée une place de choix dans la nouvelle législation acceptée ce week-end.

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Programme de financement supplémentaire

Le projet prévoit d’encourager les énergies renouvelables par un programme de financement supplémentaire annuel de 480 millions. Cet argent proviendra du relèvement de 1,5 à 2,3 centimes du prix du kilowattheure consommé. Une partie de cette augmentation, soit 0,2 centime, sera attribuée aux sociétés propriétaires de barrages qui ne parviennent pas à produire du courant à des prix inférieurs à ceux du marché. Ils pourront bénéficier d’une prime maximale de 1 centime par kWh. C’est une somme annuelle de 120 millions qui sera ainsi disponible pendant cinq ans. Des contributions d’investissement pour les nouvelles centrales hydrauliques sont également prévues.

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Plus proche du marché

Ces soutiens seront limités dans le temps. Ils n’iront pas au-delà de 2022, à l’exception des contributions d’investissement ou des rétributions uniques. Il faudra donc trouver autre chose pour la suite. «Le Conseil fédéral présentera d’ici à 2019 un modèle plus proche du marché pour la grande hydraulique. Nous n’allons pas agir dans la précipitation», commentait dimanche la présidente de la Confédération, Doris Leuthard, tout heureuse du succès de son programme énergétique. Dans la discussion sur l’avenir de l’hydroélectricité, il faudra d’ailleurs prendre en compte la redevance hydraulique, qui doit être réformée en 2020. La Conférence des directeurs cantonaux de l’énergie (CDEN) ainsi que l’organisation faîtière des cantons alpins mettent eux aussi l’accent sur la nécessité de soutenir temporairement l’hydraulique puis de passer à un système plus proche des règles du marché. C’est aussi l’avis du PLR.

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Pour Doris Leuthard, le oui de dimanche clarifie la question du nucléaire. La nouvelle loi interdit en effet d’accorder une autorisation de construire pour une nouvelle centrale et les cinq qui existantes seront mises hors-service de manière échelonnée. Mühleberg s’arrêtera en décembre 2019. Les milieux antinucléaires s’activent pour empêcher le redémarrage de Beznau I, à l’arrêt depuis deux ans et dont l’annonce de la reconnexion au réseau est sans cesse reportée.

Le CO2 également concerné

Les autres réacteurs pourront rester en activité tant qu’ils seront jugés sûrs par l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN). «La population veut une nouvelle politique énergétique mais pas de nouvelle centrale nucléaire. Elle veut diminuer notre dépendance de l’étranger et des énergies fossiles», résume-t-elle. Faudra-t-il recourir à des centrales à gaz pour couvrir les besoins d’électricité en hiver, comme le disent aussi bien des opposants que des partisans de la SE 2050? «Ce ne sera pas nécessaire et cela coûterait trop cher d’en construire en Suisse à cause de la compensation du CO2», répond-elle.

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Il s’agit désormais de mettre tout cela en œuvre. Cela prendra du temps. Mais des ordonnances d’application ont déjà été mises en consultation, notamment pour l’observation des centrales nucléaires. Elles seront «retravaillées» ces prochaines semaines. En parallèle, un projet de refonte de la redevance hydraulique sera présenté avant l’été. La nouvelle législation concerne aussi le CO2. Elle fixe dès 2020 de nouvelles prescriptions pour les véhicules – pas plus de 95 grammes de CO2 par kilomètre. Cette mesure avait d’ailleurs motivé l’opposition du lobby routier au projet de Doris Leuthard. Sur cette même thématique, le Conseil fédéral présentera cette année une modification de la loi sur le CO2. Elle doit concrétiser les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat et fait déjà débat dans les milieux économiques.

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