La partie reste serrée pour l’initiative populaire «Pour la protection contre la violence des armes». Le deuxième et dernier sondage réalisé par l’institut gfs.berne pour le compte de la SSR montre que l’écart se réduit entre le oui et le non. Par rapport à la première enquête d’opinion effectuée début janvier, le oui recule de 52 à 47% alors que le non progresse de 39 à 45%, la part d’indécis fléchissant de 9 à 8%. Le­sondage a été effectué entre le 24 et le 28 janvier auprès de 1200 personnes.

La tendance révélée par cette seconde prise de température accroît la probabilité du rejet de l’initiative. L’institut gfs.berne reste prudent sur ce point. Il peut cependant établir une photographie plus précise des intentions de vote dans les différentes régions du pays. En Suisse romande, la situation paraît stable. Le pourcentage de oui s’élève à 54% (55% début janvier), alors que le non régresse de 37 à 36%, la part d’indécis passant de 8 à 10%. Outre-Sarine, l’image est différente. En trois semaines, le oui a reculé de 51 à 45% alors que le non a gagné du terrain, grimpant de 40 à 48%. Dans les cantons alémaniques, le clivage ville-campagne semble de plus en plus marqué. Le non domine aussi en Suisse italienne: il se situe à 50% (34% début janvier), alors que le oui est en chute libre, glissant de 59 à 38% entre les deux enquêtes.

Soutien féminin en baisse

Le soutien des femmes à l’initiative semble s’émousser. Le premier sondage indiquait une majorité de 61% d’électrices prêtes à glisser un oui dans les urnes. Elles ne seraient plus que 55%, alors que le non féminin se serait accru de 27 à 35%. Chez les hommes, le non semble s’affirmer: il a gagné trois points, passant de 51 à 54%, alors que le oui en lâche cinq, chutant de 44 à 39%.

Les arguments les plus convaincants en faveur de l’initiative sont, selon les auteurs du sondage, le danger de conserver des armes à son domicile et l’état actuel de la menace sécuritaire. L’affirmation selon laquelle le taux de suicides diminuerait en cas de oui laisse les personnes interrogées plus sceptiques. Le non est, lui, motivé par le sentiment que l’initiative n’empêcherait pas la détention illégale d’armes et par le fait que les munitions militaires sont déjà stockées dans les arsenaux.