Le sort de l'aide d'urgence à laquelle les requérants d'asile déboutés d'office peuvent prétendre (art. 12 de la Constitution) est plus que jamais entre les mains du Tribunal fédéral. Vendredi, le groupe SOS Racisme de Soleure a décidé de faire recours contre un jugement du Tribunal administratif soleurois. Le 10 novembre, ce tribunal avait déclaré que l'aide d'urgence pouvait être refusée à des individus qui ne dévoilent pas leur identité. Il a confirmé la décision des autorités cantonales de couper les vivres à quatre Africains qui avaient bénéficié de l'aide d'urgence pendant 150 jours après une décision de non-entrée en matière (NEM).

Cinq jours plus tard, le Tribunal administratif du canton de Berne admettait au contraire le recours de personnes frappées d'une décision de NEM auxquelles avait été refusée l'aide d'urgence pour défaut de coopération. Christoph Blocher a lui déclaré qu'il attendait que le Tribunal fédéral uniformise la pratique. La démarche de SOS Racisme Soleure va dans ce sens. Le groupe a aussi déposé une demande de mesures provisionnelles. Elles permettraient que l'aide d'urgence continue d'être allouée jusqu'à la fin de la procédure de recours.

Depuis le 1er avril, les requérants d'asile déboutés d'office sont déjà privés de l'aide sociale, mesure censée les faire quitter plus rapidement la Suisse. Mais ils pouvaient prétendre à une aide d'urgence, au nom du minimum vital garanti par la Constitution. C'est précisément cette aide d'urgence qui agite aujourd'hui les esprits. Le Parti radical bernois s'est d'ailleurs récemment aussi mêlé du débat en exigeant, à travers une motion, que Christoph Blocher édicte rapidement des bases légales pour exclure les personnes frappées d'une décision de NEM de l'aide d'urgence si elles ne coopèrent pas à leur renvoi. Vendredi, Amnesty International est aussi entré dans la danse. Pour condamner la restriction de l'aide d'urgence aux NEM.