Les propriétaires des cinémas genevois, notamment ceux du multisalle de Balexert, peuvent soupirer de soulagement. Le centre multi-loisirs de Saint-Genis-Pouilly, qui devait être construit dans le département de l'Ain, à quelques dizaines de mètres de la frontière et à proximité du CERN, ne verra jamais le jour. Saisie pour la seconde fois, la Commission départementale d'équipement cinématographique (CDEC) n'a pas donné aux promoteurs l'autorisation de construire les salles de cinéma, indiquait samedi l'hebdomadaire français La Tribune Mont-Blanc. La candidature n'a recueilli en sa faveur que trois voix sur sept.

S'il avait vu le jour, ce projet aurait porté un coup dur aux salles de cinéma de la région, car seize écrans et 3400 fauteuils étaient prévus, avec un objectif de 1,4 million d'entrées annuelles, soit 500 000 de moins que le marché genevois. Responsable du projet, le constructeur Bouygues comptait sur le multiplexe cinématographique pour servir d'attraction principale au centre multi-loisirs. Le promoteur français avait même déjà acheté les terrains nécessaires.

Tensions

La décision de la CDEC est un revers pour l'exploitant américain AMC qui, associé à Bouygues, espérait ainsi ouvrir son second multisalle en France, après Dunkerque. Cette fin de non-recevoir intervient à une période où les discussions sur la proliférations des multiplexes sont tendues entre la ministre française de la Culture, Catherine Tasca, et les exploitants de salle. D'autre part, certains analystes estiment que la CDEC a voulu éviter au groupe français Gaumont, propriétaire du multiplexe d'Archamps, la présence d'un concurrent étranger. Membre de la CDEC, la Commission nationale des cinémas a en effet voté contre, tandis que la Ville d'Annemasse, proche du site d'Archamps, s'est abstenue.