L’enquête a déjà permis de confirmer un comportement «à la limite d’un possible délit», a indiqué lundi la police thurgovienne. Le Ministère public a fait une requête pour pouvoir placer le suspect en détention préventive. Le porte-parole de la police n’a pas voulu indiqué comment cette dernière en est arrivée à s’intéresser à ce prêtre. On ne sait donc pas si une victime a déposé plainte. Rolf Müller ne veut pas non plus dire à quand remontent les faits.

Évêché de Bâle touché à nouveau

L’Eglise catholique thurgovienne appartient à l’évêché de Bâle. Celui-ci est déjà touché par le cas du curé de Schübelbach (SZ). Ce dernier a exercé dans cet évêché durant 16 ans après avoir avoué qu’il avait abusé sexuellement de mineurs. Selon ses archives, les responsables de l’évêché connaissaient ses antécédents.

Le président de la Commission contre les abus sexuels dans l’Eglise catholique ne s’étonne pas du fait que durant ces derniers jours plusieurs affaires de prêtres pédophiles sont apparues au grand jour. Selon Adrian von Kaenel, plus on parle des prêtres pédophiles dans les médias, plus on enregistre de dénonciations.

M. von Kaenel n’a cependant pas l’impression que les cas soient en augmentation. Neuf ont été soumis à la commission qu’il préside depuis sa création par la Conférence des évêques suisses (CES) en 2002.

Les plaintes sont rares

«Notre commission n’a pas de pouvoir», poursuit le juriste. «Elle sert à informer la CES qui prendra des décisions. Il est clair que si nous avons des preuves, l’ecclésiastique concerné devra quitter son poste».

Mais «il y a un grand problème», affirme Adrian von Kaenel: «Quand la victime veut rester anonyme, que nous n’avons pas suffisamment de preuves, et que le prêtre suspect nie tout, il va conserver sa fonction. Nous avons plusieurs cas de ce genre».

Selon le juriste, l’expérience a montré que de nombreuses victimes ne souhaitent pas porter plainte devant la justice et affronter un nouveau traumatisme. «Les dénonciations systématiques seraient meilleures pour la réputation de l’Eglise mais ce sont les victimes qui n’en veulent pas», note-t-il.

Ton plus dur

Au total, la CES a enregistré une soixantaine de plaintes ces quinze dernières années. De nouveaux cas ont défrayé la chronique en Suisse et dans le monde ces derniers temps: dimanche, on apprenait ainsi qu’un moine du cloître de Disentis (GR) avait abusé d’un ancien élève.

Ce week-end, Benoît XVI a utilisé un ton plus dur que de coutume dans un message pastoral adressé aux paroisses irlandaises. Le pape y affirme que les coupables devront «répondre» non seulement «devant Dieu», mais aussi devant la justice ordinaire. Pour la CES, cette lettre confirme les directives mises en place en 2002 en Suisse.