Asile

Sous-utilisés, des centres pour requérants d’asile ferment

Alors que les demandes d’asile ont fortement diminué ces dernières années, la Confédération annonce la fermeture temporaire de deux de ses centres. Le renvoi des requérants déboutés sera également intensifié

Deux centres fédéraux pour requérants d’asile (CFA) – à Bâle-Campagne et Berne – vont fermer temporairement, a annoncé lundi le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM). Ces décisions interviennent alors que les demandes d’asile ont diminué nettement, laissant vides de nombreuses places d’hébergement.

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Dès début 2020, le nombre de places disponibles dans les centres fédéraux ne sera plus que de 2200, contre plus de 4000 aujourd’hui. Ce dernier chiffre est lui-même inférieur aux 5000 que la Confédération avait prévues en 2014. Il s’agissait alors de mettre en œuvre les procédures accélérées, dès l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur l’asile, en mars 2019.

L’objectif du SEM est d’utiliser près de 80% des capacités des centres encore en exploitation, contre 50% actuellement. Une réduction des coûts de fonctionnement sera également possible, avec une économie de quelque 30 millions de francs par an. Le centre spécifique pour requérants d’asile récalcitrants des Verrières (NE) a également été temporairement fermé le 1er septembre 2019 «par souci d’anticipation». Son bas taux d’occupation engendrait des coûts d’exploitation excessifs, a ajouté le SEM.

Une adaptation constante

«Dans le canton de Vaud, nous avons également remarqué cette baisse des demandes d’asile», réagit Erich Dürst, directeur de l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM). Ces ajustements des structures surviennent dans «un domaine où les autorités cantonales et fédérales doivent constamment s’adapter aux demandes», souligne-t-il. Chez les Vaudois, où des structures d’accueil ont déjà fermé dans le passé, «nous nous concentrons actuellement sur l’adaptation à la baisse du nombre d’appartements».

Pourquoi les demandes d’asile diminuent-elles de la sorte? Le directeur de l’EVAM émet une hypothèse: «On peut supposer que c’est lié à la politique du gouvernement italien. Ces derniers temps, il y a moins d’arrivées de migrants en Italie, et nous savons que le nombre de demandes d’asile en Suisse est fortement influencé par le volume de migration dans le pays voisin.»

Intensification des renvois

Le SEM a également annoncé une «amélioration de l’exécution des renvois». Le nombre de rapatriements de requérants d’asile déboutés en attente a diminué, «grâce à l’amélioration de la coopération avec de nombreux pays de provenance», selon le secrétariat d’Etat. Mais le manque de coopération avec certains pays est toujours dénoncé. Certains feraient preuve d’une «volonté inexistante», ce qui est pour la Suisse un sujet de préoccupation. Des agents de liaison supplémentaires pour les questions d’immigration vont être mobilisés en Afrique de l’Ouest, dans la Corne de l’Afrique et au Moyen-Orient, «ce qui pourrait favoriser, sur place, le rapatriement des requérants d’asile déboutés». La coopération entre le SEM et les cantons dans l’exécution des renvois va également être intensifiée, et les cas difficiles «suivis de plus près».

Des mesures pour améliorer la coopération entre les Etats de Schengen lors de l’exécution des renvois vont également être prises au début de 2020. Il est question de lier la politique des visas à celle des retours: des restrictions sur la délivrance de visas pour leurs ressortissants pourraient être imposées aux Etats qui se montrent non coopératifs pour le retour lors des renvois. La Suisse se félicite de cette évolution. Le SEM prévoit 14 500 demandes d’asile pour l’ensemble de l’année 2019, contre 15 255 en 2018 et 27 207 demandes en 2016.

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