défense

Le soutien à la milice relance le projet de «service citoyen» généralisé

Le peuple suisse a plébiscité l’obligation de servir. Mais les inégalités entre jeunes demeurent. Un service citoyen généralisé, ouvert aux femmes et aux étrangers, offrirait aux jeunes l’occasion de s’engager pour la communauté.

Plébiscitée par le peuple dimanche, l’obligation de servir doit-elle s’étendre aussi aux femmes, aux étrangers, notamment par le biais d’un service citoyen? C’est l’une des questions dont devra débattre le parlement avec la réorganisation de l’armée et de la protection civile.

Pour la gauche et les réformateurs libéraux, il est en tout cas exclu que l’on en reste au système actuel de conscription militaire qui aggrave encore les inégalités devant l’obligation de servir.

Dimanche, Ueli Maurer a d’ailleurs précisé que les deux groupes de travail qui planchent sur un nouveau concept de protection de la population et de protection civile devront aussi empoigner la réorganisation de l’obligation de servir, que ce soit dans l’armée, dans la protection civile ou par le service civil.

Des écarts à éliminer

Il y a les inégalités entre les jeunes de 20 ans contraints au service militaire, car seuls 15% d’une génération (garçons et filles) accomplissent le service obligatoire. Et les différences de recrutement entre Jura et Genève (50% d’aptes) et Appenzell ou Argovie (plus de 75%).

D’où l’idée de généraliser l’obligation de servir en laissant le choix entre le service militaire et un service civil généralisé, proposition lancée par le conseiller national Hugues Hiltpold (PLR/GE) lors de l’examen de l’initiative du GSsA comme contre-projet. Il s’agissait selon lui d’abord de rétablir une certaine égalité face à l’obligation de servir, mais aussi d’élargir pour les jeunes les occasions de s’engager en faveur de la collectivité. Son collègue socialiste Pierre-Alain Fridez (JU) avait aussi longuement évoqué un service généralisé comme alternative plausible à l’obligation militaire, dans son intervention lors des débats au parlement. Le contre-projet avait été rejeté aussi par la gauche et la droite conservatrice.

La proposition refait médiatiquement surface aujourd’hui avec les postulats que préparent chacun de leur côté Hugues Hiltpold et Mathias Reynard (PS/VS). Hugues Hiltpold serait prêt à s’allier avec le socialiste valaisan pour l’occasion.

Là où Mathias Reynard évoque un service de quelques semaines avec le choix entre armée ou engagement pour des tâches sécuritaires – pompiers, services sanitaires, protection civile – ou humanitaires, Hugues Hiltpold veut, lui, donner la priorité aux besoins de l’armée en effectifs.

Pour Denis Froidevaux, président de la Société suisse des officiers, toute refonte de l’obligation de servir doit tenir compte de la priorité donnée aux tâches sécuritaires et en l’occurrence à la principale composante, l’armée. Il voit d’un bon œil un service citoyen qui créerait du lien en favorisant l’engagement pour la communauté. Mais la question du cercle des personnes concernées, femmes, étrangers, et de l’obligation doit être débattue.

Publicité