«Nous ferons tout pour éviter de devoir revenir à une situation exceptionnelle.» La phrase a été prononcée en conférence de presse ce vendredi par Virginie Masserey, cheffe de la section contrôle de l’infection à l’OFSP. La situation actuelle est considérée comme «sérieuse» par la task force scientifique Covid-19, qui a enjoint à la population de «se mobiliser pour enrayer la multiplication des cas».

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Comme le nombre d’infections double chaque semaine, les représentants de la santé ont prévenu que, avec 3000 nouvelles infections depuis la veille ce vendredi, le nombre de nouveaux cas pourrait grimper à 12 000 infections journalières d’ici à deux semaines. Ce chiffre ne peut cependant pas être comparé avec celui du début d’année, puisque largement plus de tests sont effectués.

«Rien faire n’est pas une option»

La tension était palpable sur le visage des représentants fédéraux de la santé réunis ce vendredi à Berne pour tirer la sonnette d’alarme: «Il faut respecter les mesures de manière stricte, a souligné d’un air grave le chef de la task force, Martin Ackermann: rien faire n’est pas une option». Ses équipes ont cependant adressé un message particulièrement flou: «Il faut privilégier le télétravail, porter le masque, respecter les quarantaines, réduire le nombre de festivités et garder ses distances. En famille également.» En clair: la situation est grave mais aucune nouvelle mesure fédérale n'est annoncée.

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En ce qui concerne les hospitalisations, «nous ne sommes pas dans une situation critique, a par ailleurs rassuré Virginie Masserey. Il y a actuellement 68 personnes hospitalisées et 5 nouveaux décès par jour. Cependant ces chiffres augmentent rapidement.» A la différence de la première vague d’infections, toutes les régions de Suisse sont touchées, ont souligné les spécialistes de la santé. Les fêtes privées et les activités sportives seraient parmi les plus grands foyers infectieux. Les grands-parents doivent-ils de nouveau éviter de garder leurs petits-enfants?, demande un journaliste. «Il y va de la responsabilité individuelle de chacun de prendre ces décisions», répond la task force. 

Vers une nouvelle fermeture des bars?

A défaut d’un message intelligible de la part des autorités fédérales, un communiqué de la Conférence des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS) envoyé ce vendredi en marge de la conférence de presse dessine un tableau plus clair de ce qui pourrait peut-être attendre la Suisse ces prochains temps. La CDS y recommande aux cantons de «rendre plus rigoureuses les exigences à̀ remplir par les bars, les clubs et les discothèques, par exemple par un couvre-feu, et, le cas échéant, d’en ordonner la fermeture». Les prochains jours diront si les gouvernements cantonaux décident de mettre en œuvre cette prescription.

Une réaction nette de leur part a déjà été constatée. Dans la journée de vendredi, les cantons jusqu'ici les plus tolérants de Bâle-Ville, Fribourg, les Grisons, Lucerne, Obwald et le Valais ont étendu l'obligation de porter le masque à tous les lieux publics clos alors que Nidwald, la Thurgovie et Appenzell Rhodes-Intérieures ont annoncé un renforcement de la mesure se concentrant uniquement sur les «grands évènements». Le Conseil fédéral devrait également se réunir en urgence ce dimanche pour statuer sur la situation.