Les campagnes de votation sont trop largement dominées par des groupes d'intérêt particulier disposant de puissants moyens financiers. Or les partis politiques devraient être les premiers à contribuer à la formation de l'opinion publique. Forts de ce constat, les conseillers nationaux ont, par 106 voix contre 66, donné suite mardi à une initiative parlementaire d'Andreas Gross (PS/ZH), qui demande une modification de la loi fédérale sur les droits politiques en ce sens.

La commission préparatoire, à qui il revient de présenter des projets concrets, n'entend pas accorder une aide financière directe aux formations politiques. Par contre, a soulevé Ueli Leuenberger (Verts/GE) au nom de la commission, il serait possible d'autoriser chaque groupe parlementaire à diffuser gratuitement des spots d'environ une minute pendant les semaines précédant une votation.

Mais pour que la propagande politique fasse son apparition sur les ondes et les petits écrans, la loi sur la radio et la télévision (LRTV) doit être modifiée. Et la commission préparatoire des Etats – les sénateurs se penchent sur la LRTV dès aujourd'hui – s'oppose aux spots politiques. D'autres options sont donc également à l'étude.

Le projet d'Andreas Gross a été particulièrement critiqué par l'UDC. Le parti estime que les citoyens sont «assez adultes pour discerner les arguments fallacieux». Lors des votations de septembre 2004 sur les naturalisations facilitées, l'UDC s'était démarquée en ayant recours aux panneaux lumineux dans les grandes gares pour diffuser des petits clips. Une première.