«Le Tribunal fédéral a décidé de dissoudre l'association Rhino parce qu'elle poursuit un but illicite. Elle a été créée pour permettre des actes de spoliation. Ses membres sont des voleurs, et le TF l'a reconnu.» Avocat des propriétaires des immeubles genevois occupés par le squat Rhino, Malek Adjadj ne cachait pas sa joie, hier. La confirmation par le Tribunal fédéral de la décision de la justice genevoise, qui ordonnait en février 2006 la dissolution de l'association Rhino, est «un acte extrêmement fort», clame Me Adjadj.

«Nous continuons à lutter»

Pour les squatters de Rhino, c'est un coup dur. Leur avocat, Pierre Bayenet, affirme que «cette décision du TF nuit à leur réputation». Et s'ils ne quitteront pas pour autant les lieux, «cela donne une image négative de leur action», dit-il. Et pour cause: l'association Rhino - «Retour des habitants dans les immeubles non occupés» -, fondée il y a dix-huit ans, n'a plus d'existence juridique. Ses fonds, qui s'élèvent à environ 300000 francs, seront utilisés pour payer les dettes de l'association. Le solde sera reversé à l'Etat.

Porte-parole de Rhino, Maurice Pier attend avec impatience de prendre connaissance des considérants de la décision du TF, qui n'ont pas encore été communiqués. II assure que le procureur général Daniel Zappelli n'a toujours pas les coudées franches pour évacuer Rhino. Et prévient que sous l'appellation «Collectif Rhino», les habitants «continueront à dénoncer la spéculation. Nous trouverons les moyens de nous défendre juridiquement et de mener des actions.»

Les SIG attendus au tournant

Secrétaire général de la Chambre genevoise immobilière, Christophe Aumeunier ne l'entend pas de cette oreille: «Le TF a démontré que le but poursuivi par les squatters est illicite. Cette décision met fin à la banalisation de Rhino.» Le libéral estime qu'une évacuation pourrait être exigée au motif que «les bâtiments présentent des dangers, notamment à la Cave 12, qui accueille des spectacles».

Autre moyen d'action pour les propriétaires: faire fléchir les Services industriels de Genève (SIG), qui alimentent Rhino en eau et électricité. Me Adjadj estime que «les SIG n'oseront plus dire que le doute plane sur l'illicité des squatters. Désormais, ils engagent leur responsabilité civile et pénale. Ils ne pourront plus soutenir les délinquants de Rhino.»

Hier soir, les SIG ne souhaitaient pas prendre position. Ils veulent connaître le contenu de l'arrêt du TF pour décider de la suite à donner à leurs rapports avec les habitants de Rhino.