La SSR, qui tenait un Conseil d’administration ce mercredi, annonce 25 mesures fortes pour améliorer la protection de l’intégrité de son personnel. Parmi elles, une charte, un code éthique et une réglementation destinée à toutes les unités de l’entreprise de service public de l’audiovisuel suisse. 

A lire aussi: Braises incandescentes à la RTS

Ce catalogue de mesures fait suite à une enquête du Temps qui, en octobre dernier, avait révélé de gros dysfonctionnements à la RTS. Sur la base d’une trentaine de témoignages, notre média avait mis en lumière plusieurs cas de harcèlement et dénoncé la culture du silence qui les entouraient, les ressources humaines de l’entreprise ayant tendance à détourner les yeux plutôt qu’à affronter les problèmes. Une semaine plus tard, la SSR avait lancé trois enquêtes dont les premiers résultats ont été dévoilés le 16 avril dernier. Concernant la chaîne de responsabilité, l’actuel directeur général de la SSR Gilles Marchand, patron de la RTS à l’époque des faits, s’est vu réitérer la confiance du Conseil d’administration. Il a certes commis une faute, mais sans que celle-ci puisse être considérée comme grave. En revanche, deux hauts cadres ont quitté l’entreprise ou leurs fonctions.

La culture d’entreprise, un objectif stratégique

Cette affaire a fait l’effet d’une bombe au sein de la SSR, qui a décidé de faire de la culture d’entreprise un objectif stratégique. Désormais, le mot d’ordre est clair: «Tolérance zéro» en matière de harcèlement, qu’il soit d’ordre psychologique ou sexuel. A cet effet, la SSR compte développer, sur une base de collaboration avec le personnel, une «charte pour l’intégrité et la lutte contre les discriminations», cela dans toutes les unités de l’entreprise. Une réglementation prévoit des sanctions en cas de non-respect de la charte. Pour lutter contre la loi du silence qui a régné jusqu’ici, la SSR désignera deux personnes de confiance dans chaque région linguistique. Elle réorientera aussi sa plateforme pour les lanceurs d’alerte.

A lire aussi: Gilles Marchand: «Le service public ne doit jamais militer»

«Il me tient personnellement à cœur de tout faire pour qu’aucun collaborateur ou collaboratrice n’ait plus à vivre de situation inacceptable sur son lieu de travail à travers l’instauration d’un environnement basé sur le respect mutuel», assure le président du Conseil d’administration Jean-Michel Cina. «Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir afin que la culture d’entreprise change en profondeur, pour le meilleur», ajoute-t-il. Quant au directeur général, Gilles Marchand, il se déclare «convaincu que la SSR sortira de cette crise plus forte que jamais pour mieux remplir son mandat de service public».