Le rejet de l’initiative «No Billag» est «un signe fort pour le service public et les radios et télévisions régionales privées», a dit Gilles Marchand, directeur de la SSR. Celle-ci a pris note des critiques et «ne reste pas immobile»: elle engage un plan d’économies de plusieurs dizaines de millions de francs.

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La SSR va évoluer, a assuré son directeur devant les médias à Berne. Le résultat du scrutin «n’est pas un aboutissement pour la SSR, c’est un début. Il nous engage à adapter notre entreprise aux nouvelles conditions cadres et aux nouveaux besoins de la société, à l’écoute de ses attentes comme de ses critiques.»

80 millions d’économies nettes

La SSR réduira ses budgets pour s’adapter à la baisse des recettes de la redevance, à leur plafonnement et à l’évolution des revenus commerciaux. Ce plan «d’efficience et de réinvestissement» de 100 millions de francs sera mis en oeuvre dès 2019 et sur cinq ans. Il est constitué d’économies nettes pour 80 millions environ et de réinvestissements pour 20 millions, a détaillé le patron de la SSR.

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Des emplois seront également touchés, a concédé Gilles Marchand. «La SSR va s’entretenir avec les partenaires sociaux et communiquera en temps voulu.»

Coûts de production visés

Les économies toucheront d’abord les processus de production, les infrastructures, la technique, la distribution et les frais administratifs, a poursuivi M. Marchand. Elles concerneront tant la direction générale que les unités d’entreprise régionales.

Dès demain, les équipes de la SSR vont se lancer dans ce vaste plan d’économies et de réformes

Jean-Michel Cina, président du conseil d’administration de la SSR

La concession oblige la SSR à répercuter 50% des revenus de la redevance dans le domaine de l’information, a-t-il ajouté. «Nous allons donc engager davantage de moyens dans l’information et faire des économies ailleurs, par exemple au niveau des coûts de production», a illustré Gilles Marchand.

«Dès demain, les équipes de la SSR vont se lancer dans ce vaste plan d’économies et de réformes», a assuré de son côté Jean-Michel Cina, président du conseil d’administration de la SSR. «Un plan détaillé sera adopté et des informations plus précises délivrées d’ici l’été.»

Des «missions prioritaires»

Le plan permettra à la SSR de se concentrer davantage sur «trois missions prioritaires»: fournir une information indépendante et équilibrée dans les quatre langues nationales, proposer des productions culturelles diversifiées - notamment dans le domaine du film et des séries suisses, et adapter son offre numérique aux besoins de la société grâce à une plate-forme multilingue.

La SSR se concentrera donc à l’avenir sur son mandat de base, tout en tenant mieux compte de la situation des médias privés suisses, ont promis M. Marchand et M. Cina. Dès 2019, la SSR n’interrompra plus les films diffusés par des blocs publicitaires. Et pour mieux profiler son offre numérique, elle ne publiera plus de textes sans lien avec de l’audio ou de la vidéo sur ses sites d’information.

Accès libre aux archives

La SSR cherchera aussi plus activement toute collaboration utile avec les autres médias suisses. Dans le domaine commercial, elle prend acte du maintien de l’interdiction de la publicité online et ne proposera pas de publicité ciblée au niveau régional, même si la régulation l’y autorise un jour.

Elle reste aussi ouverte à toute solution «constructive» concernant sa participation dans la régie Admeira. La co-entreprise publicitaire de Swisscom, de la SSR et de Ringier (l'éditeur du Temps), lancée en avril 2016, a défrayé la chronique. Certains éditeurs privés ont dénoncé une distorsion de la concurrence. La SSR propose notamment de favoriser l’arrivée de nouveaux actionnaires au capital de la société.

La SSR ouvrira par ailleurs un accès libre à ses archives d’information. Elle s’engagera aussi, avec ses partenaires privés, dans le lancement d’une plate-forme nationale pour toutes les radios suisses, publiques comme privées. La SSR prolongera en outre son contrat avec l’ATS aux conditions actuelles jusqu’à fin 2019.