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La fiction devrait être concernée par les coupes à la RTS.
© RTS/ BBL

Médias

La SSR à l’heure de l'austérité

Avec les pertes dues à la TVA sur la redevance, le service public estime devoir couper 250 postes. A la RTS, fictions et divertissements seront concernés

Cette fois, «les prestations ne pourront plus rester les mêmes», note Simon Denoth, porte-parole de la SSR. L’annonce, mardi, de la suppression de 250 postes fait entrer le diffuseur public dans une nouvelle ère, bien plus dure: celle de l’austérité. Et si elle a déjà procédé à quelques coupes budgétaires par le passé, pour la première fois, la SSR parle de réductions dans les programmes, c’est-à-dire dans son offre. En Suisse romande, les films et séries seront les premiers domaines touchés.

Le Tribunal fédéral ayant décidé d’amputer la TVA à la redevance, la SSR perd quelque 35 millions par an. En sus, la nouvelle loi sur la redevance aura pour premier effet de lui enlever 5 millions, qui iront aux radio-TV privées. Le diffuseur a annoncé début septembre ces manques à gagner, de 40 millions au total. Et sans tarder, il a décliné les conséquences en nombres de postes supprimés: 102 à la SRF – dont une partie chez son prestataire de production –, 74 à la RTS, 49 à la RSI et 20 postes au sein de la direction générale. Au total, le groupe public emploie 6000 personnes, pour 5000 équivalents plein-temps.

A la RTS, une rumeur circulait ces jours, qui mentionnait une coupe de 90 emplois. 74 postes biffés, c’est toutefois lourd, note le journaliste Bernard Genier, représentant syndical et porte-parole de la communauté des journalistes. Il fait état de «rationalisations dans les émissions», déjà maintenant, de «gel de tous les projets», et d’un climat plutôt glacial dans la grande maison: «La qualité du dialogue interne s’est dégradée.»

Signe d’une nervosité des directions du groupe, par ces temps de remise en cause de la SSR et de la redevance? Gilles Marchand, directeur de la RTS, relativise: «Dans ce domaine, il y a à peu près autant d’avis ou de sensibilités que de personnes. Et nous sommes nombreux.» Pour Willy Knoepfel, secrétaire général du Syndicat suisse des médias à Genève, c’est la SSR qui fait du zèle face à la multiplication des critiques: «Elle pourrait avoir une meilleure position face aux parlementaires… Et maintenant, elle se donne comme objectif d’être bonne élève.» A son sens, le groupe commet une erreur de stratégie: en 2018, l’élargissement de la redevance, accepté de justesse en juin, devrait apporter quelques recettes supplémentaires. La SSR pourrait donc s’endetter, temporairement.

La doctrine retenue à Berne, au siège de la holding publique, est donc inverse. Tout en espérant pouvoir imposer les coupes sans grand renoncement, souvent évoquée par les contempteurs, la suppression de chaînes, par exemple de radio, est exclue par la maison mère: Simon Denoth pose que «le mandat et le cadre des prestations en matière de programmes de la SSR sont clairement fixés dans la concession du Conseil fédéral»; donc, tout changement du périmètre devrait passer par le gouvernement.

Concernant la RTS, des sources indiquent que le secteur des divertissements et les programmes pour la jeunesse devraient être plus spécialement touchés. L’information serait moins affectée. Gilles Marchand confirme qu’il y aura d'«inévitables conséquences sur les programmes», tout en évoquant la consultation qui s’ouvre. Il évoque néanmoins de «ponctuelles réductions» pour la fiction produite ici, et ajoute: «Nous envisageons de réduire nos dépenses dans la fiction achetée.» L’un de ces domaines qui ne relèvent pas du mandat, jugent les vociférateurs anti-SSR. Les coupes amènent le géant public à leur donner raison.

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