Médias

La SSR, le mammouth du Centre de presse fédéral

La SSR occupe l’essentiel du Centre de presse de la Confédération à Berne. Elle y a investi 14 millions. Mais sa préséance est parfois source de tensions

La SSR à Berne, c’est un mammouth. Elle y exerce un mandat de service public et assure la couverture de l’actualité politique dans les quatre langues nationales. Elle retransmet la totalité des débats des Chambres fédérales (environ 700 heures par an selon ses propres chiffres), les conférences de presse du gouvernement (90 heures), les discours des conseillers fédéraux (30 heures) et les visites d’Etat. En échange de ces nombreuses heures de diffusion, elle dispose gracieusement des locaux qu’elle occupe au Centre de presse. «C’est stipulé par contrat», précise son porte-parole, Edi Estermann.

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Lorsqu’il a été construit, en 2006, la SSR s’est taillé la part du lion dans cet immeuble de cinq étages et de trois niveaux sous terre. Elle a investi 14 millions pour aménager ses propres locaux, somme qui s’est ajoutée au coût de construction de 42,5 millions financé par la Confédération. La SSR dispose d’un studio TV de 230 mètres carrés, de niches pour les duplex, de six studios radio et de bureaux sur trois étages. Les coûts d’exploitation sont estimés à 6 millions par an.

236 employés lors de l’élection de Cassis

Avant 2006, la SSR était assez mal logée. Elle occupait les combles du Palais fédéral et certains de ses bureaux ne disposaient même pas de la lumière naturelle. Elle a gagné au change. Face à la presse écrite et aux radios-TV privées, elle fait figure de mastodonte. Alors que les autres médias se serrent la ceinture, ses effectifs sont en hausse. Entre 2006 et 2018, le nombre de journalistes radio est passé de 16 à 22 (8 pour la SRF alémanique, 7 pour la RTS, 3 pour RSI, 3 pour le romanche et 1 pour Swissinfo), les reporters TV sont aujourd’hui 25 (13 SRF, 8 RTS et 4 RSI) contre 22 en 2006 alors que le personnel de production est passé de 31 à 36 personnes. Tous ne travaillent pas à temps complet.

Lors des sessions parlementaires, l’effectif peut augmenter de 25%. Il explose carrément lorsqu’il y a élection au Conseil fédéral. Ainsi, pas moins de 236 employés ont été mobilisés pour celle d’Ignazio Cassis en septembre 2017. La SSR a pris possession du Palais fédéral pendant 24 heures. Les antichambres du Conseil national ont été transformées en studios, rendant l’accès des autres correspondants à la salle des pas perdus difficile. Les 236 collaborateurs ont travaillé «pendant plusieurs jours» à monter et démonter les installations temporaires et à produire des émissions en direct, souligne Edi Estermann. Le jour même de l’élection, cent personnes de moins étaient directement engagées.

La forte présence de la SSR n’est pas exempte de tensions. Le règlement en vigueur accorde la préséance aux médias audiovisuels pour les interviews. Mais lorsque la SRF multiplie les équipes pour enchaîner des entretiens en allemand et en dialecte, parfois pour plusieurs émissions différentes, les tensions sont palpables. Les représentants de la presse dite écrite font désormais valoir le fait qu’ils travaillent en mode multimédias et commencent à remettre en question la primauté de la SSR.

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