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Gilles Marchand, le directeur général de la SSR
© Anthony Anex/Keystone

Médias

La SSR supprimera 250 postes

La radio-télévision publique dévoile son plan de réformes et ses nouvelles priorités après l’initiative «No Billag». La RTS devra économiser 15 millions ces quatre prochaines années

Quatre mois après le vote sur l’initiative «No Billag» qui voulait supprimer la redevance radio-TV, la SSR a lancé son plan de réformes à long terme. Elle devra économiser 100 millions de francs durant les quatre prochaines années (de 2019 à 2022), ce qui impliquera la suppression de 250 postes sur l’ensemble de la Suisse.

Lire aussi: La SSR quitte le navire Admeira

Pour la SSR, c’est le prix à payer pour la victoire du 4 mars dernier. Au début d’une campagne de votation dont l’issue était tout sauf certaine tant elle prenait un tour passionnel, la conseillère fédérale Doris Leuthard a donné un signal fort en annonçant une baisse du montant de la redevance de 450 à 365 francs par ménage et par an. Cette mesure plus forte que prévu, qui s’est avérée payante politiquement, oblige désormais le service public à une cure d’efficience relativement draconienne.

Des licenciements inévitables

Dans un premier temps, le conseil d’administration de la SSR a défini l’ampleur des sacrifices pour chaque région: 20 millions pour les Alémaniques (SFR), 15 millions pour les Romands (RTS) et 10 millions pour les Tessinois (RSI). La direction générale, longtemps critiquée par les entités régionales pour avoir «trop enflé» ces dernières décennies, devra quant à elle économiser 15 millions. Cela dit, elle veut d’abord travailler sur les infrastructures dans le but d’épargner la qualité des programmes. Les 40 derniers millions seront ainsi économisés dans l’ensemble des infrastructures, notamment dans l’immobilier.

Pourtant, les premières mesures envisagées à cet égard sont très controversées. La SSR prévoit de quitter sa tour de la Giacomettistrasse à la périphérie de Berne pour déménager au centre-ville dans l’immeuble de la radio alémanique, laquelle serait déplacée à Zurich par effet de dominos. Mais la Région Berne capitale suisse s’oppose farouchement à ce projet. Le conseil d’administration en a pris acte sans enterrer celui-ci, qu’il compte approfondir. «C'est une faute politique dans un pays fédéraliste comme la Suisse», déplore le conseiller national Christian Wasserfallen (PLR/BE).

Le plan d’économies aura forcément un coût social. La SSR reste assez vague à ce sujet, ne citant qu’un chiffre: quelque 250 postes seront supprimés. Si la plupart devraient l’être dans le cadre des fluctuations naturelles, des licenciements seront inévitables. La direction préparera la planification détaillée d’ici à fin septembre, avant de la discuter avec son partenaire social et ses collaborateurs. Ceux-ci ne cachent pas leur inquiétude. Le 7 juin dernier, le Syndicat suisse des mass media (SSM), ayant constaté que des «réorganisations problématiques­» ont déjà été opérées dès le lendemain de la votation, a voté une résolution. Il y demande «qu’un moratoire sur tous les projets de réforme soit respecté jusqu’à la fin de la consultation du personnel».

Le divertissement sacrifié en Suisse alémanique

Dans l’immédiat, l'impact des réformes sur les programmes sera très différent selon les régions. En Suisse alémanique, le divertissement sera le plus touché, tous les shows – comme Les plus grand talents suisses – produits dans le studio décentralisé de Kreuzlingen étant supprimés. Rien de tel en revanche en Suisse romande, qui ne connaît pas de tels formats très coûteux à réaliser. Toutes les émissions d’information seront maintenues, même si leur coût de production sera passé à la loupe et certainement revu à la baisse. Cela correspond aux priorités qu’a fixées le Conseil fédéral dès 2016, selon lesquelles la SSR doit consacrer au minimum 50% du produit de la redevance à l’information et offrir des contenus se différenciant davantage des chaînes privées.

C'est précisément pour imprimer davantage son identité de service public suisse que la SSR affectera 20 millions – sur les 100 économisés – aux domaines culturel et interactif. D’une part en investissant dans la fiction suisse, cela en collaboration avec des partenaires externes. D’autre part en développant une plateforme numérique permettant une utilisation personnalisée des contenus de la SSR.

Multiplier les partenariats

Enfin, la SSR enterre définitivement la hache de guerre avec le secteur privé, même si ce n’est pas encore l’idylle parfaite. Elle multiplie les signaux marquant sa volonté d’en faire des partenaires, et non plus des concurrents. C’est ainsi qu’elle a vendu sa part de 33% du capital qu’elle détenait dans la régie publicitaire Admeira à ses deux coactionnaires Swisscom et Ringier, une participation qui avait beaucoup fâché les éditeurs. De plus, elle souhaite multiplier les partenariats privé-public, que ce soit en partageant sa production de vidéos avec plus de 40 médias privés ou en participant avec eux et les écoles polytechniques à de nouveaux centres de compétences.

Ce plan d'efficience est majoritairement bien accueilli par le monde politique. «Jusqu’à présent, le nouveau directeur de la SSR Gilles Marchand fait tout juste après la votation du 4 mars dernier. Il a compris que la SSR, à commencer par sa direction générale qui a trop grandi sous l’ère de son ex-directeur Armin Walpen, devait réduire la voilure», se réjouit le conseiller national Matthias Aebischer (PS/BE). Quant à Christian Wasserfallen, d'ordinaire l'un des plus féroces détracteurs de la SSR, il est plus modéré, mais néanmoins positif. «Renoncer aux plus coûteuses émissions de divertissement est un signal positif, c'est aux privés qu'il incombe de les réaliser», déclare-t-il. 

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