Les matchs de football et de hockey pourront accueillir plus de 1000 spectateurs dès le 1er octobre. Mais les clubs devront respecter certains critères. Les stades ne pourront être remplis qu’aux deux tiers de leur capacité. Ce quota est valable aussi bien pour les matchs en plein air que pour ceux qui se déroulent dans une halle fermée, comme en hockey sur glace. Le Conseil fédéral a renoncé à appliquer un plafond plus strict (50%) à ce sport hivernal.

Le port du masque sera obligatoire lors des matchs. Le public devra être assis. Cela devrait faciliter le traçage des contacts si des cas d’infection sont détectés. Des plans de protection réglant notamment les flux des spectateurs avant, pendant et après les rencontres devront être élaborés. Les manifestations de plus de 1000 personnes seront soumises à autorisation. Ces approbations pourront être accordées de manière globale, mais les cantons garderont la possibilité de retirer une permission si la situation épidémiologique locale s’aggrave. Pour la même raison, les cantons pourront aussi réduire de leur propre chef les capacités maximales admises.

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L’alcool ne sera pas banni des stades

En revanche, la répartition du public par secteurs, toujours valable pour les manifestations de moins de 1000 personnes, ne sera pas exigée pour les grands matchs. Et les spectateurs pourront consommer des frites, un hamburger ou une bière, à condition que cette pause alimentaire se fasse à une table ou à la place attribuée dans les gradins. Alain Berset aurait souhaité interdire complètement la consommation d’alcool durant les grandes rencontres sportives. «Nous avons examiné plusieurs variantes. Il sera possible de boire une bière pour autant que les plans de protection soient respectés. Les cantons disposeront d’une certaine marge de manœuvre», a-t-il expliqué mercredi.

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Ces directives ne sont pas sans rappeler certaines mesures – le régime de l’autorisation et la règle sur les boissons alcoolisées – contenues dans le concordat intercantonal contre la violence dans les stades, adopté par la Conférence des directeurs cantonaux des Départements de justice et police (CCDJP) en 2007. Or qui siégeait à la CCDJP à l’époque? C’était Karin Keller-Sutter, aujourd’hui membre du Conseil fédéral. Son expérience dans ce domaine a visiblement été utile.

Le Valais se préoccupe de la saison de ski

Les foires et les salons, où les personnes se déplacent, ne sont pas concernés par cette réglementation. Leurs organisateurs devront néanmoins gérer les flux des visiteurs. Elle s’applique en revanche aux grandes manifestations culturelles, comme les festivals. «Nous sommes conscients que leurs organisateurs auront des difficultés à remplir ces critères. C’est désolant. Mais il faudra faire quelques expériences. Il est important de ne pas perdre la maîtrise de la situation sanitaire. Elle est actuellement sous contrôle, il n’y a que très peu d’hospitalisations et de décès. Mais elle reste fragile, le virus est toujours là», a analysé Alain Berset.

La règle des places assises pourra faire l’objet d’exceptions. Les cantons pourront ainsi autoriser des spectateurs à assister debout, répartis par secteurs, à des fêtes de village, des courses cyclistes ou des compétitions de ski. A ce propos, le canton du Valais a chargé mercredi une task force de préparer le déroulement de la saison d’hiver. Présidée par le conseiller d’Etat Christophe Darbellay, elle réunira des représentants du tourisme, des grandes stations ainsi que des «acteurs de l’après-ski et de la vie nocturne».

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La branche du voyage en grande difficulté

De son côté, le Conseil fédéral refuse toujours de soutenir les branches pénalisées par le contexte actuel. Celle du voyage est confrontée à un manque cruel de réservations et se trouve dans un état critique. Le gouvernement reconnaît cependant que certaines activités telles que, précisément, le voyage et l’événementiel continuent d’être sérieusement affectées par les incertitudes sanitaires. «Le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) et l’Administration fédérale des finances ont reçu mandat d’examiner avec les cantons d’éventuelles aides spécifiques ciblées», a annoncé le directeur suppléant du Seco, Eric Scheidegger.

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S’il n’a rien décidé pour aider les agences de voyages, le Conseil fédéral n’a pas non plus pris de décision à propos de la France. Le nombre de cas décelés pour 100 000 habitants peut théoriquement placer le grand voisin occidental sur la liste des pays pour lesquels une mise en quarantaine est exigée à l’entrée en Suisse. «Mais nous allons encore analyser la situation. Plusieurs options sont possibles. C’est la première fois qu’un tel cas se présente avec un pays qui partage une frontière terrestre avec la Suisse», a déclaré Alain Berset.