Swissmem

Stefan Brupbacher, le conseiller fédéral de l’ombre, dirigera Swissmem

L’actuel secrétaire général du Département fédéral de l’économie, encore dirigé jusqu’à la fin de l’année par Johann Schneider-Ammann, rejoindra l’association faîtière de la métallurgie

Cela n’a pas traîné. A peine Johann Schneider-Ammann a-t-il annoncé sa démission du Conseil fédéral que son secrétaire général, Stefan Brupbacher, quitte son département. Selon nos informations, il est nommé directeur de l’association faîtière Swissmem, où il entrera probablement en fonction au début de l’année prochaine.

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C’est en quelque sorte un retour aux sources pour ce docteur en droit zurichois de 51 ans. Après avoir entamé sa carrière au Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco), il travaille comme conseiller de Daniel Vasella pour une association internationale de l’industrie pharmaceutique, puis comme spécialiste des politiques de la formation et de la santé pour Economiesuisse.

«Le huitième conseiller fédéral»

Ce n’est cependant qu’à partir de 2007 qu’il devient un homme influent de la politique suisse, lorsque le PLR, dirigé à l’époque par Fulvio Pelli, en fait son secrétaire général. Dans un parti qui compte beaucoup d’électrons libres, les deux hommes mettent tout en œuvre pour resserrer les rangs et faire parler le groupe d’une seule voix sur les thèmes les plus importants. Ils y parviennent, non sans rudoyer parfois les «dissidents».

En 2014, Stefan Brupbacher rejoint le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR), dont il devient très vite l’homme fort, ce qui lui vaut des étiquettes plutôt flatteuses: il est «l’homme incontournable» du département. Le journal de gauche Die Wochenzeitung le qualifie même de «huitième conseiller fédéral».

Un «idéologue» à la poigne de fer

Mais ce secrétaire général à la poigne de fer a aussi dû essuyer beaucoup de critiques ces derniers temps. «Il est l’incarnation d’une droite ultralibérale mue davantage par l’idéologie que par une analyse rationnelle des faits», déplore l’un de ses détracteurs, pourtant un homme de droite lui aussi. Ses critiques l’accusent d’être à l’origine des récentes «maladresses» de Johann Schneider-Ammann sur plusieurs thèmes explosifs du moment comme l’agriculture, l’assouplissement de l’ordonnance sur les exportations d’armes et les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes.

Swissmem, que Johann Schneider-Ammann a présidée avant de devenir conseiller fédéral, est l’association faîtière des machines, de l'électronique et de la métallurgie. Son poste de directeur était vacant depuis le départ de Peter Dietrich, voici un an.

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