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Stéphane Rossini, candidat au Conseil fédéral

Un amateur de cimes qui se lance à la conquête d’un nouveau sommet: le socialiste de Haute-Nendaz a annoncé ce matin qu’il se lançait dans la course à la succession de Micheline Calmy-Rey, le premier à se déclarer officiellement. Portrait

Il joue dans la fanfare, traque le gibier sur les alpages le fusil à l’épaule et escalade les sommets les plus escarpés. Stéphane Rossini a tout du parfait Valaisan, à une exception près: il n’est pas démocrate-chrétien. Le Nendard a opté pour le Parti socialiste. «C’est un authentique homme de gauche. Il porte les positions du PS et a une vision stricte du dogme de la gauche», dit de lui un adversaire politique qui le côtoie à Berne.

Fidèle à sa maxime, selon laquelle «à tout milicien correspond une activité autre que celle consacrée à la politique», Stéphane Rossini, né le 9 août 1963 à Sion et père de deux enfants, s’intéresse depuis toujours à la politique sociale. Il en a fait sa profession de foi et sa profession tout court.

A sa licence en sciences politiques, obtenue à l’Université de Lausanne en 1988, il a ajouté un mémoire postgrade puis un doctorat en sciences sociales. Dans ce cadre, il fut l’assistant d’une sommité dans ce domaine, le professeur Pierre Gilliand, dont ses réflexions s’inspirent généreusement. Le virus de la politique sociale ne l’a plus jamais lâché, au point qu’il l’enseigne et conduit des programmes de recherche dans diverses enceintes, comme les Universités de Neuchâtel, Fribourg et Genève ainsi que la Haute Ecole vaudoise de travail social et de la santé (EESP). Dans le cadre de son enseignement, il fut souvent appelé comme expert par des commissions parlementaires, l’Office fédéral de la statistique, le Fonds national de la recherche scientifique ou d’autres instances.

Enseigner la politique sociale ne lui a cependant pas suffi. L’observer, c’est bien, la façonner, c’est mieux. En 1999, alors qu’il siégeait au Grand Conseil valaisan, il s’est inscrit sur la liste du PS pour le Conseil national. Avec succès. Et avec un credo qu’il affiche fièrement sur son site Internet: «En octobre 1999, grâce au soutien de la population valaisanne, j’ai accédé au Conseil national. Depuis, en cohérence avec les principes de solidarité, de justice économique et sociale et de défense de l’intérêt général qui sous-tendent mon action politique, je me suis engagé activement pour une prospérité partagée et pour faire entendre la voix des citoyennes et des citoyens qui se refusent à croire que seule une minorité de personnes ou de régions peut s’arroger l’essentiel des profits et avantages de ce pays.»

Et comme si ce n’était pas suffisamment clair, il ajoute une citation ironique d’Alphonse Allais: «Il faut prendre l’argent là où il se trouve, c’est-à-dire chez les pauvres. Bon d’accord, ils n’ont pas beaucoup d’argent, mais il y a beaucoup de pauvres.» Une citation qu’il commente ainsi: «En Suisse, aussi, plus de cent ans après, ce propos reste d’actualité.»

Combattant de l’équité, pourfendeur des injustices sociales, Stéphane Rossini, même s’il est professeur d’Université, est un socialiste engagé et convaincu. «Lorsqu’il s’agit de demander de nouvelles prestations sociales, on peut compter sur lui, il est toujours là. Il est très intelligent, mais il défend les thèses socialistes sans nuance», ironise un politicien d’un parti de droite, qui le qualifie cependant d’homme «prévisible, fiable et agréable». Agréable? Vraiment? Il ne l’est pas toujours, en vérité. A la tribune du parlement, il n’est pas rare de l’entendre prononcer des propos très durs à l’encontre de la droite. Lorsqu’il le juge nécessaire, Stéphane Rossini contribue activement à la recherche d’un compromis. Mais il sait aussi camper fidèlement sur les positions du PS, comme il l’a démontré vendredi dernier à propos des réseaux de soins. Suivant la ligne fixée par la direction du parti, dont il est d’ailleurs le vice-président depuis 2008, il a rejeté au vote final la solution proposée pour les réseaux de soins.

Derrière ses airs d’éternel jeune premier, Stéphane Rossini se révèle ainsi être un politicien aussi sérieux que redoutable, pas forcément éclectique, mais très attentif aux dossiers sociaux qui le passionnent. Très apprécié à gauche, il est respecté mais souvent abhorré à droite. Comment est-il perçu par rapport à Pierre-Yves Maillard? «Ils suivent la même ligne, mais Stéphane Rossini a un discours un peu plus arrondi», poursuit ce politicien. Voilà un élément qui pourrait peser sur le choix des parlementaires si la candidature du Valaisan devait être retenue par le groupe socialiste.

D’ici là, Stéphane Rossini aura sans doute l’occasion d’effectuer encore de nombreuses échappées enrichissantes en montagne, soit pour gravir quelque roc vertigineux, soit pour débusquer le chevreuil et le chamois. Il ne s’en privera pas, cela fait aussi partie de son ADN. «Entre arêtes et glaciers, couloirs et faces, mélèzes et prairies, pierriers et lacs, la montagne est plus qu’un lieu: c’est un cheminement, un bout de vie. De là-haut, la réflexion échappe aux cloisonnements et aux contraintes. L’esprit se nourrit dès lors d’horizons sans fin. On peut «voir loin», écrit-il sur son site. Des bureaux réservés aux conseillers fédéraux aussi, on peut voir loin. La vue sur les Alpes est superbe. Peut-être que, dans quelques mois, c’est de là qu’il admirera ces sommets enneigés si nécessaires à son équilibre.

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