Le WWF, Pro Natura et la Fédération Suisse de Pêche (FSP) accusent la Suisse et la France de ne pas en faire assez pour sauver le Doubs. Les trois associations saisissent le Conseil de l’Europe à Strasbourg, font-elles savoir mardi dans un communiqué.

Pour le WWF, Pro Natura et la Fédération Suisse de Pêche (FSP), «le Doubs se meurt, et avec lui le Roi du Doubs», une espèce de poisson protégée. Les pollutions et les variations extrêmes du débit d’eau occasionnées par l’exploitation hydraulique de la rivière franco-suisse sont en cause selon les associations à l’origine de la plainte.

«Si nous n’agissons pas maintenant, le Doubs se transformera irréversiblement en cloaque», avertit Thomas Ammann, responsable du projet Riverwatch au WWF Suisse. «La Convention de Berne, qui classe le Roi du Doubs dans les espèces protégées, est à notre avis bafouée», renchérit Lucienne Merguin de Pro Natura.

Pratique intempestive

En mai dernier, le canton du Jura disait vouloir renforcer la coordination avec le canton de Neuchâtel et la France pour intervenir auprès des exploitants des barrages hydroélectriques. Ces derniers sont responsables des lâchers d’eau à l’origine des grosses variations du débit de la rivière. La pratique est jugée intempestive par les associations de protection de l’environnement.

Les pêcheurs estiment en outre que les sociétés d’électricité s’appuient sur des concessions anciennes. Ils demandent une surveillance fédérale. Ils exigent aussi une analyse des sédiments libérés lors de chaque éclusée pour savoir s’ils sont nocifs, et le cas échéant, de les traiter comme une décharge polluée. Ces matériaux reposent en effet derrière les barrages depuis des ans.

En mai dernier également, plus d’un millier de personnes s’étaient rassemblées dans le village de Goumois (JU), où la rivière trace la frontière franco-suisse. Elles protestaient alors contre «la mort lente» du Doubs, dont la plus grande partie des 450 kilomètres se trouve sur territoire français. Seuls 30 kilomètre serpentent en territoire jurassien.