revue de presse

La stratégie de l’argent propre arrive

Selon la presse dominicale alémanique, Eveline Widmer-Schlumpf va proposer de nouvelles exigences pour les banques et leurs clients étrangers

La stratégie de l’argent propre arrive. Avec un bon mois de retard sur le calendrier prévu, Eveline Widmer-Schlumpf devrait présenter mercredi à ses collègues du Conseil fédéral une «vue d’ensemble de la politique des marchés financiers», annoncent de concert Der Sonntag et la SonntagsZeitung. Les deux dominicaux ont visiblement eu accès aux mêmes documents. Selon le projet de la ministre des Finances, les clients étrangers des banques suisses se verraient imposer une obligation de déclaration fiscale indiquant que leurs avoirs sont dûment imposés. A partir de quel montant l’annonce serait-elle obligatoire? Der Sonntag parle de 30 000 francs, la SonntagsZeitung de 20 000.

Selon ce projet, les banques elles-mêmes seraient contraintes d’annoncer à l’autorité de lutte contre le blanchiment d’argent les montants déposés dans leurs coffres dont elles soupçonnent qu’ils sont soustraits au fisc et peuvent être constitutifs d’une opération de purification. Enfin, Eveline Widmer-Schlumpf songerait à créer une commission de surveillance de la place financière. Elle envisagerait d’en confier la présidence à Aymo Brunetti, ancien chef économiste du Secrétariat d’Etat à l’économie (seco) et aujourd’hui professeur d’économie à l’Université de Berne, pronostique Der Sonntag. Des résistances contre ces projets sont à attendre de la part des milieux bancaires, promettent les deux hebdomadaires alémaniques.

Thomas Minder lâché

Ce projet s’inscrit dans le cadre des mesures prises par la Suisse pour se défaire de son image de pays qui attire les profiteurs et les évadés fiscaux. La démarche de l’industriel schaffhousois Thomas Minder, conseiller aux Etats indépendant, par l’entremise de son initiative populaire contre les salaires abusifs répond aux mêmes préoccupations. Mais Thomas Minder est de plus en plus isolé. Les journaux dominicaux reviennent tous sur la décision du PLR, prise samedi à Thoune, de rejeter cette initiative et de lui préférer le contre-projet indirect élaboré par le parlement. Ce contre-projet reprend les trois quarts des mesures contenues dans l’initiative.

Dans la SonntagsZeitung, Christoph Blocher explique pourquoi il ne la soutient pas non plus. L’ancien conseiller fédéral reconnaît à Thomas Minder le mérite d’avoir lancé le débat sur les abus commis par certains patrons de multinationales qui se sont sentis comme dans un «libre-service» en ignorant les droits de leurs actionnaires. L’initiative Minder a incité le parlement à agir. «Mais maintenant que des mesures ont été prises, Thomas Minder se met lui-même en travers du chemin», explique Christoph Blocher, qui privilégie lui aussi le contre-projet.

Le «présentéisme»

De son côté, le SonntagsBlick rend compte d’une étude de la banque UBS qui s’inquiète du financement futur de l’AVS. Cette étude catastrophiste laisse entendre que le seul moyen de sauver les retraites sur le long terme serait d’avoir une Suisse à… 17 millions d’habitants afin d’avoir un nombre de cotisants suffisants. Ce nombre ne pourrait être atteint qu’en accroissant l’immigration. Une autre solution serait de cotiser jusqu’à 70 ans. Mais ce n’est qu’une étude parmi d’autres. Le Conseil fédéral fera le point sur l’avenir de l’AVS prochainement.

Quant au Matin Dimanche, il mentionne deux enquêtes du seco menées auprès du secteur bancaire et d’un échantillonnage de 1000 salariés de toutes les branches économiques. Ces rapports s’inquiètent d’une des conséquences de la flexibilité du travail, qui a pour nom le «présentéisme». Les travailleurs auraient tendance à accroître les heures de présence au bureau au-delà du temps de travail prévu légalement et contractuellement, ce qui serait source de burn-out et de stress. Les syndicats promettent de porter ce problème en haut lieu.

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