Culture

Subvention des musées suisses: les nouvelles règles du jeu

Treize musées ont gagné un concours lancé par l’Office fédéral de la culture: ils recevront des subventions de la Confédération de 2018 à 2022. La démarche, nouvelle, ne fait pas que des heureux

Le Musée suisse des transports, le Musée Ariana ou encore le Musée de l’Elysée. Ces célèbres institutions suisses font partie des treize lauréats du concours organisé par l’Office fédéral de la culture (OFC): ils recevront de 2018 à 2022 des subventions de la part de la Confédération.

Les gagnants, parmi lesquels on trouve aussi le Laténium à Neuchâtel et le Vitromusée à Romont, recevront entre 250 000 et 600 000 francs par an, sauf le Musée des transports qui en recevra 1 560 000.

Il était important que ce concours soit ouvert à tous les musées

Un concours pour choisir les musées à soutenir: la démarche est nouvelle. Jusque-là, le Conseil fédéral et le Parlement désignaient sept heureux élus sur la base de critères un peu flous. Ils se partageaient environ 4,9 millions de francs.

La somme sera d’un million de francs de plus par an, mais à se partager entre treize musées. Certains perdent à ce jeu, comme le Musée suisse d’architecture et le Musée du sport. Mais l’accès aux subventions est maintenant accessible à tous. «Il était important que ce concours soit ouvert à tous les musées», explique Benno Widmer, chef de la section des musées à l’OFC. Six experts étaient chargés d’évaluer trente-cinq candidatures.

De nouveaux critères

Avoir un rayonnement au niveau national, présenter une collection importante et effectuer un travail de médiation innovant: les nouveaux critères de sélection des médias subventionnés sont plus concrets.

Pour Andreas Ruby, directeur du Musée suisse de l’architecture, l’un de ces critères est trop traditionnel. L’institution recevait 300 000 francs par an de la part de Berne. Mais le concours a signé l’arrêt de cette aide: l’établissement recevra une aide de transition de 210 000 francs en 2019, puis plus rien. «Au XXIe siècle, une collection n’est pas nécessairement constituée d’objets physiques», explique Andreas Ruby. «Le MoMA, à New York, collectionne par exemple des performances artistiques, naturellement sans objets.»

Nous maintenons comme principe que la vocation d’un musée est de collectionner, de préserver et de présenter des biens culturels

Le Musée suisse de l’architecture a une autre approche. Pour Andreas Ruby, l’architecture doit explorer des stratégies de collection au-delà de l’objet, puisqu’on ne peut pas exposer des bâtiments. Mais l’OFC assume une certaine vision du musée: «Nous maintenons comme principe que la vocation d’un musée est de collectionner, de préserver et de présenter des biens culturels.»

D’autres institutions, non subventionnées, ont tenté leur chance. C’est le cas du Musée international d’horlogerie à La Chaux-de-Fonds. L’institution n’a pas gagné, mais son directeur, Régis Huguenin, bien qu’un peu déçu, fait contre mauvaise fortune bon cœur: «Le nouveau système se base sur des règles mieux définies et offre une chance à un plus grand nombre d’institutions.»

Pas de crainte concernant l’avenir

Le musée chaux-de-fonnier ne craint pas pour son avenir: il ne comptait pas sur une aide fédérale pour assurer son fonctionnement. Ce qui ne l’empêche pas d’espérer être des futurs gagnants: «Le soutien est périodiquement remis en question, ceux qui en bénéficient aujourd’hui ne seront pas nécessairement les mêmes les prochaines fois.»

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