Politique

Le successeur de Philipp Müller à la tête du PLR sera sans doute Alémanique

En place depuis 2012, l’Argovien ne sollicitera pas un nouveau mandat en avril prochain. Au PDC, il faudra remplacer le président Christophe Darbellay et le vice-président Dominique de Buman

Philipp Müller ne se voit pas présider le Parti libéral-radical jusqu’à l’âge de 67 ans, voire au-delà. C’est l’une des raisons qui l’incitent à quitter la présidence du parti après seulement une législature, a-t-il expliqué mardi à Berne. Il remet son mandat le 16 avril prochain, date de l’assemblée des délégués qui désignera un nouveau président et repourvoira les postes de vice-présidents et de membres du comité directeur.

La nouvelle a pris tout le monde de court. Comme le PLR vient tout juste de se donner un nouveau chef de groupe en la personne du Tessinois Ignazio Cassis, on ne s’attendait guère à voir le président du parti s’en aller si tôt. L’Argovien, élu au Conseil des Etats en novembre, assure que sa décision a été prise ce printemps et n’a par conséquent aucun lien avec l’accident dans lequel il a été impliqué le 12 septembre. «J’ai informé en mars l’ancienne cheffe du groupe, Gabi Huber, le vice-président Vincenzo Pedrazzini et le secrétaire général Samuel Lanz», explique Philipp Müller.

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Agé de 63 ans, Philipp Müller estime que le moment est venu de passer le témoin à la génération suivante. «Ce n’était pas le cas lorsque j’ai succédé à Fulvio Pelli en 2012», souligne-t-il. Pour régler sa succession, le PLR va désigner, comme c’est devenu l’usage, une commission interne de sélection chargée de rechercher des candidatures. La création de cette commission sera formalisée lundi prochain dans le cadre d’une conférence spéciale des présidents des sections cantonales. Le délai pour le dépôt des dossiers a été fixé au 29 février.

Double vice-présidence romande

Comme le nouveau président du groupe parlementaire est un Latin, il y a de fortes chances que le successeur de Philipp Müller soit un Alémanique. Cela serait d’autant plus logique que le PLR dispose, avec Isabelle Moret et Christian Lüscher, de deux vice-présidents romands bien implantés dans les terres francophones.

Notre parti est bien positionné. Nous avons gagné toutes les élections cantonales récentes. Nous avons réussi à mobiliser nos électeurs. Il vaut mieux partir quand tout va pour le mieux.

Pour motiver sa décision, Philipp Müller explique que, dès le moment où il a acquis la conviction qu’il fallait du sang neuf pour affronter les élections fédérales de 2019, il valait mieux changer de patron tout de suite. «Un président de parti doit avoir une certaine expérience pour être prêt pour une telle échéance. Or, il faut du temps pour acquérir cette expérience. Il faut un président pour toute la législature», justifie-t-il. Il invoque aussi la pression exercée par les médias sur les chefs des partis politiques.

Il souligne aussi les bons résultats des dernières élections: le PLR a reconquis cinq sièges aux Chambres fédérales et c’est la première fois depuis 36 ans qu’il regagne du terrain. «Notre parti est bien positionné. Nous avons gagné toutes les élections cantonales récentes. Nous avons réussi à mobiliser nos électeurs. Il vaut mieux partir quand tout va pour le mieux», ajoute-t-il, non sans préciser que le résultat électoral du PLR aurait sans doute été encore meilleur sans la crise migratoire qui a frappé le continent et a profité à l’UDC.

Apnée du sommeil

Philipp Müller a saisi l’occasion de revenir sur son accident de septembre. La scootériste de 17 ans qu’il a renversée est en convalescence. Elle a subi plusieurs fractures à la jambe gauche mais ne devrait pas en garder de séquelles. «C’est ce qui me préoccupe le plus. Je suis en contact régulier avec ses parents», indique-t-il.

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L’enquête pénale se poursuit. Le procureur a demandé une expertise sur différents éléments tels que le port de la ceinture et les équipements d’aide à la conduite qui fonctionnaient au moment de l’impact. Cette expertise devra être livrée dans un délai de trois mois. S’agissant de l’origine de l’accident, Philipp Müller l’attribue à un assoupissement de quelques secondes, un syndrome d’apnée du sommeil ayant été détecté par les quatre examens médicaux qu’il a effectués. C’est d’ailleurs la raison qui a poussé Philipp Müller à s’inscrire à une réunion de l’intergroupe parlementaire santé consacrée, ce mercredi, au phénomène de l’apnée du sommeil.

Dominique de Buman quitte la vice-présidence du PDC

Le Parti démocrate-chrétien devra aussi renouveler sa présidence en avril. Christophe Darbellay, qui a quitté le Conseil national, ne sollicite pas de nouveau mandat. Le PDC a créé une commission de sélection des candidatures. Elle est présidée par le conseiller aux Etats lucernois Konrad Graber et réunit Christophe Darbellay lui-même, le chef du groupe parlementaire Filippo Lombardi ainsi que les conseillers nationaux Viola Amherd et Marco Romano. Les dossiers de candidature doivent être déposés d’ici à mi-février.

Le Zougois Gerhard Pfister envisage de déposer sa candidature. Mais il est jugé très à droite dans le parti et risquerait d’être un facteur de division interne. C’est pourquoi d’autres noms circulent, comme ceux du Grison Martin Candinas et du Soleurois Pirmin Bischof. Là également, le successeur sera vraisemblablement un Alémanique.

Mais il faudra trouver un nouveau vice-président romand. Le Fribourgeois Dominique du Buman va quitter cette fonction, qu’il occupe depuis douze ans, pour se concentrer sur la présidence du Conseil national, qu’il exercera en 2018, annonce-t-il au Temps.

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