Politique

Succession Burkhalter: les PLR vaudois s’agitent

Jacqueline de Quattro et Olivier Français se sont déclarés «à disposition de leur parti» dans la course à la succession de Didier Burkhalter. Pour le président du PLR vaudois, il ne s’agit ni d’une cacophonie ni d’une machine qui s’emballe

Ça y est, la course à la succession de Didier Burkhalter s’emballe en terres vaudoises. En l’espace de 48 heures, deux «candidats à la candidature» sont sortis du bois. La conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro et le conseiller aux Etats Olivier Français ont déclaré, comme le veut la formule consacrée, qu’ils se «mettaient à la disposition de leur parti». Rien n’est encore joué puisque le comité cantonal du PLR doit arrêter son ticket définitif le 10 août – le comité national tranchera, lui, le 1er septembre.

Ce week-end à rebondissements a commencé samedi dans la presse alémanique. La Schweiz am Wochenende annonçait que «le grand silence était arrivé à son terme» et que Jacqueline de Quattro se portait candidate. Sans toutefois que cette dernière ne le confirme clairement. Une indiscrétion à laquelle la principale intéressée, en déplacement durant le week-end, a finalement répondu par la voix de sa collaboratrice personnelle. «Oui, Jacqueline de Quattro est candidate à la candidature mais elle ne fera pas davantage de commentaires», affirmait cette dernière aux dizaines de journalistes qui espéraient décrocher une interview.

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Surinterprétation médiatique

Jointe par Le Temps dimanche, la conseillère d’Etat a simplement confirmé qu’elle ne souhaitait pas en dire plus: «Pour que le choix du comité puisse s’effectuer le plus sereinement possible, je garderai le silence jusqu’au 10 août.» Si l’ancienne présidente des Femmes PLR suisse (de 2008 à 2010) possède d’indéniables qualités – par exemple sa maîtrise des trois langues nationales –, elle doit composer avec un handicap de poids: l’Assemblée fédérale choisit généralement l’un des sept Sages parmi les siens et Jacqueline de Quattro n’est pas une élue bernoise.

Deuxième acte: toujours samedi, quelques heures plus tard, au Téléjournal de la RTS. Le pilier du parti Olivier Français a tenu des propos qui ont, selon ses dires, «été surinterprétés». Candidat? Ou pas candidat? «Je ne l’ai jamais déclaré et je ne veux pas être un alibi, corrige-t-il. Pour l’heure, j’ai des collègues alémaniques qui me tendent une perche. Je vais voir si cette perche est assez solide. On ne se lance pas dans une telle course sans avoir certaines certitudes», rappelle celui qui n’hésite pas à pointer ses faiblesses comme, par exemple, sa méconnaissance de l’allemand.

«On ne peut pas mettre de muselière»

Quelle mouche a donc piqué ces PLR vaudois pour sortir du bois de façon si improvisée? «Que voulez-vous? On ne peut pas mettre de muselière aux gens! Ce n’est pas de la faute du parti si certains veulent maîtriser le calendrier médiatique», analyse un fin connaisseur des arcanes du parti. Pour ce dernier, l’élection au Conseil fédéral est «tellement individuelle qu’elle doit beaucoup aux personnalités de ceux qui se présentent». En clair: dans ce genre de situation, le parti passe parfois après les intentions personnelles.

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Paradoxe, la «papable» la plus attendue du canton de Vaud, Isabelle Moret – qui, en plus d’être une femme, PLR, latine, possède, grâce à sa place au Conseil national, un réseau bernois étendu – reste mystérieuse sur ses intentions. «Je continue à réfléchir», répond-elle laconiquement par SMS quand on tente de connaître sa position. Certains soulignent que c’est justement les candidats les plus crédibles qui gagnent à rester silencieux le plus longtemps possible…

«Cela faire vivre le parti»

Une cacophonie? Une machine qui s’emballe? Le président du parti vaudois, Frédéric Borloz, commence par éclater de rire. «Ce n’est pas du tout mon point de vue. Il y a simplement plus de gens qui s’expriment car, au creux de l’été, les journalistes ont davantage le temps pour poser des questions…» Pour ce dernier, on se trouve à l’heure actuelle dans le registre de l’interprétation «et non dans une analyse froide et placide de la situation». Il répète à qui veut l’entendre que rien n’a vraiment changé depuis ces dernières semaines car, pour un tel poste, «tout le monde a envie que l’on vienne nous demander d’y aller». Il n’est donc aucunement surpris par ces annonces.

N’est-il pas du ressort du président de taper du poing sur la table pour discipliner les membres du parti? «Absolument pas. D’ici à fin juillet, c’est très bien que certains s’expriment. Cela fait vivre le parti», assure-t-il. Ce dernier n’a d’ailleurs pas encore établi le programme de ce qui se déroulera le 10 août prochain. «D’ici à la fin du mois, je vais collecter les informations, les candidatures, appeler tout le monde et je dresserai un ordre du jour à ce moment-là.» Il y aura peut-être un candidat vaudois, peut-être deux, peut-être aucun. «Tout reste ouvert…»

Voir notre dossier sur la succession de Didier Burkhalter.

Silence genevois

Face à ces effusions vaudoises, du côté genevois on reste très silencieux. Pierre Maudet répète qu’il ne souhaite pas s’exprimer et Christian Lüscher n’accepte de parler qu’en qualité de vice-président du PLR suisse. «Le rôle du parti suisse se limite à définir les qualités attendues de la part des candidats et de fixer les délais dans lesquels les partis cantonaux doivent présenter leur liste. Rien d’autre. Le parti suisse n’a pas à se mêler de ce qui se passe dans les cantons.» A coup sûr, le feuilleton n’est pas terminé et promet d’animer encore le long été.

Dossier
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