La nomination, mercredi par le Conseil fédéral, d'Adelheid Bürgi-Schmelz, cadre chez Ascom, à la tête de l'Office fédéral de la statistique (OFS), est une surprise modérément appréciée par certains. Il apparaît d'abord que le Département fédéral de l'intérieur (DFI), dont dépend l'OFS, n'a fait aucun cas des mises en garde du conseiller national François Lachat (PDC/JU), président d'Helvetia Latina, association militant pour une représentation équitable des minorités linguistiques dans l'administration fédérale (Le Temps du 4 décembre). Le député jurassien souhaitait qu'une femme italophone ou francophone succède au Tessinois Carlo Malaguerra. Des études de latin à l'université, c'est apparemment le seul lien d'Adelheid Bürgi-Schmelz avec des langues latines. «Je ne connais pas la personne et elle n'est bien sûr pas en cause, mais ce que je conteste, c'est une tendance qui fait que les Latins sont nettement sous-représentés aux postes dirigeants de l'administration», ajoute François Lachat. Carlo Malaguerra, qui cédera son poste «le 31 décembre à minuit», prenant une retraite anticipée à 62 ans, est plutôt déçu du choix opéré par la ministre de l'Intérieur, Ruth Dreifuss. «Je ne connais pas Mme Adelheid Bürgi-Schmelz, mais j'estime qu'il y avait des candidatures très fortes à l'intérieur de l'office, celles de Ruth Meier et des vice-directeurs Werner Haug et Heinz Gilomen. Il aurait été bon qu'une personne de la maison me succède, qui aurait apporté de la créativité dans la continuité.»

Le DFI n'a soumis qu'un seul nom au Conseil fédéral, celui d'Adelheid Bürgi-Schmelz, une Germano-Suissesse âgée de 44 ans. «Les candidatures au sein de l'OFS étaient toutes de grande qualité, mais il nous a semblé préférable d'opter pour une personne très douée, nous en sommes convaincus, et forte des compétences requises, qui soit capable d'insuffler un vent nouveau dans l'office», explique la secrétaire générale du DFI, Claudia Kaufmann. Cadre actuellement chez Ascom, Adelheid Bürgi-Schmelz est membre du Parti radical.