Le PLR doit-il s’écarter de la course à la mairie de Genève au profit du PDC? Les partis de droite bruissent de rumeurs dans la perspective de l’élection partielle à l’exécutif de la Ville de Genève. Alors qu’on repourvoira en novembre le siège du PLR Pierre Maudet, élu en juin au Conseil d’Etat, le PDC a annoncé lundi soir avoir retenu deux impétrants. L’ancien président de la section communale du parti, Alain de Kalbermatten, reste en lice mais est, selon le communiqué de la formation, «prêt à retirer sa candidature au cas où le PLR soutient celle de Guillaume Barazzone». Celui-ci, député et ancien conseiller municipal, avait fait savoir en juin qu’il comptait privilégier son mandat cantonal et sa carrière d’avocat. Mais il est revenu sur sa décision, après avoir été encouragé, selon lui, par des personnalités tant démocrates-chrétiennes que libérales-radicales. «Je ne serai candidat que si j’ai le soutien du PLR, précise le parlementaire âgé de 30 ans. Je souhaite être le candidat de l’Entente avec ma sensibilité démocrate-chrétienne.»

Libéraux-radicaux agacés

Les soutiens libéraux-radicaux dont le jeune PDC se fait fort décontenancent manifestement Olivier Fiumelli: chef de groupe PLR au parlement de la Ville de Genève, l’élu de 41 ans est le seul candidat encore en piste au sein de son parti, après le retrait d’Adrien Genecand, annoncé via la Tribune de Genève. «Je n’ai pas encore pu discuter avec mon parti, indique ce spécialiste des finances publiques. Mais pour moi, rien n’a changé: je suis candidat.» Au vu des déclarations de son rival PDC, le papable potentiel a toutefois quelques raisons de douter de l’appui inébranlable de sa propre formation.

Cette situation agace au sein du PLR qui, en 2011, a conquis près de deux fois plus de sièges à l’assemblée communale de Genève que le PDC. Ancien président des libéraux genevois, Cyril Aellen l’a d’ailleurs fait savoir sur les réseaux sociaux. «Pourquoi le PLR céderait-il ce siège dans la deuxième ville du pays, la première du canton, demande-t-il, joint par Le Temps. Si nous abandonnons ce siège, ce sera pour dix ans. Or, le parti n’est presque plus représenté dans les exécutifs des communes urbaines, si ce n’est à Vernier, grâce à un accord avec la gauche.» Pour cet ancien dirigeant, le PLR n’est pas redevable au PDC pour l’élection de Pierre Maudet, au vu de la très confortable avance dont a bénéficié le nouveau conseiller d’Etat le 17 juin dernier. «Tout cela ressemble à un accord tacite alors qu’Alain-Dominique Mauris (président du PLR cantonal, ndlr) fait le forcing pour obtenir de Pierre-François Unger (ministre PDC de la Santé, ndlr) la présidence du conseil d’administration de l’hôpital.»

Visé par ce missile, Alain-Dominique Mauris qualifie de «médisances» ce lien établi entre ses ambitions hospitalières et la campagne électorale à venir. «Il n’y a aucun accord, réfute-t-il. Les sections communales se déterminent librement. Mais les présidences cantonales tant PLR que PDC leur ont demandé de s’accorder sur une candidature unique, afin de poursuivre la stratégie gagnante qui a permis l’élection de Pierre Maudet.»

L’élection de novembre s’annonce disputée. L’UDC Eric Bertinat et Salika Wenger, d’Ensemble à Gauche, sont déjà sur les rangs et d’autres pourraient encore s’y ajouter.