Le président du gouvernement grison, Claudio Lardi, et la cheffe du Département de justice et police, Barbara Janom Steiner, ont convoqué les médias mardi en début d’après-midi pour annoncer le probable suicide du commandant de la police grisonne, Markus Reinhardt. Le responsable en chef de la sécurité du WEF, a été retrouvé mort mardi matin dans sa chambre d’hôtel à Davos, à la veille de l’ouverture du grand rassemblement dans la station grisonne.

«C’est une tragédie humaine», a déclaré, très émue, Barbara Janom Steiner. Les indices portent à croire qu’il s’agit d’un suicide, a-t-elle encore ajouté. Mais tant que l’enquête est en cours, aucun détail ne sera communiqué. Les deux magistrats ont appelé au respect et à la piété envers le disparu et sa famille.

Mesures d’urgence

Des mesures immédiates ont été prises pour assurer la sécurité du WEF. Le premier suppléant de la police cantonale, Robert Willi, reprend la direction de l’institution. La responsabilité générale de l’engagement des forces de l’ordre à Davos est confiée à Marcel Suter, chef de l’état-major de la police cantonale.

Markus Reinhardt, âgé de 61 ans, était à la tête de la police cantonale depuis 1984. Pendant plus de vingt ans, il a assumé la responsabilité suprême de la sécurité du grand rendez-vous mondial de Davos. Coordonnant l’engagement des renforts d’autres polices cantonales, de l’armée et de services privés de sécurité, il avait régulièrement jusqu’à 3000 hommes sous ses ordres.

Il était connu pour son attitude intransigeante envers les participants à des manifestations non autorisées. On lui doit notamment le couloir de contrôle pour les trains menant à Davos, installé depuis quelques années au bas de la vallée, peu après Landquart. Ce quai spécial permet de filtrer tous les passagers. En 2004, des critiques s’étaient élevées contre le contrôle de 2000 personnes. Ces dernières années, les débordements pendant le WEF s’étaient beaucoup réduits sur le territoire grison.

Une autre affaire avait renforcé l’image sévère de Markus Reinhardt. En 2002, il avait comparu devant le Tribunal cantonal, inculpé d’homicide intentionnel. Deux ans auparavant, il avait donné l’ordre d’abattre un homme qui s’était retranché dans son appartement après avoir tiré plusieurs coups de fusil d’assaut sur un hôtel des environs, puis sur des policiers qui tentaient de le maîtriser, blessant grièvement l’un d’eux. Le procès avait soulevé un grand intérêt, car c’était la première fois que le responsable d’une intervention policière donnait par avance l’ordre de tuer. Après plusieurs heures de sièges, le forcené s’était présenté sur son balcon, l’arme pointée contre le sol, et avait été abattu par un tireur d’élite. Markus Reinhardt avait été acquitté.