Emue par la cérémonie d'ouverture de la législature, Alice Glauser n'a cependant pas tardé à faire connaissance avec la réalité, pas toujours tendre, des conseillers nationaux UDC. Elle qui a pour voisins les archi-conservateurs Ernst Schibli et Jürg Stahl note d'abord que «c'est l'occasion de faire connaissance avec des gens d'ailleurs, que l'on ne connaît pas». Avant de reconnaître: «C'est vrai, je me sens un peu surveillée. Mais ce n'est pas grave si je m'attire des remontrances une fois ou l'autre.»

Reste à savoir si cette paysanne, entrée en politique par affinités avec le PAI, le Parti des paysans, agriculteurs et indépendants (l'ancêtre vaudois de l'UDC), fera face à une majorité divergente. Elle qui fut une députée au Grand Conseil discrète promet de s'engager avec vigueur dans deux domaines: la défense des femmes et celle de l'agriculture - «donc des paysannes». Au premier chapitre, le président de l'UDC Ueli Maurer, pour qui les femmes doivent rester à la maison, appréciera. Au second, les démocrates du centre se montrent plutôt ambigus. Et lorsque l'on sait qu'Alice Glauser avait failli s'engager sur la liste d'Ecologie libérale, on se dit que sa conception du monde paysan est assez éloignée de celle de son parti.

«Ce n'est pas grave. Je suis aussi là pour expliquer une réalité que je connais et tenter de convaincre à l'interne», ambitionne cette mère de quatre enfants. Pour le reste, elle qui avait évoqué «quelques cas de conscience» devant la campagne musclée de l'UDC, dit néanmoins suivre la ligne du parti dans les domaines clés: «L'identité de la Suisse et ses valeurs me tiennent à cœur.» Et on la voit mal se joindre aux derniers «résistants» à la ligne zurichoise que sont les Grisons Brigitte Gadient et Hansjörg Hassler ou la Bernoise Ursula Haller...