Les élections fédérales terminées à Genève, place aux municipales. Elles auront lieu le 15 mars 2020. Elue au Conseil municipal de Genève, Christina Kitsos a été choisie par les membres de son parti pour figurer, avec le magistrat sortant, Sami Kanaan, sur le ticket socialiste. Mardi, elle dépose au parlement une motion portant sur des investissements importants dans la transition énergétique, 70 millions par an dans la période 2020-2031. Questions à l’aube d’une campagne qui promet d’être marquée par les questions écologiques.

Cette motion a-t-elle pour but de verdir l’image de votre parti?

Non. Le Parti socialiste a toujours été en faveur de l’écologie. La motion fait suite à la résolution votée en mai par le Conseil municipal décrétant l’urgence climatique à Genève. Le dérèglement climatique a un impact sur les inégalités. Les quartiers densifiés sont déjà les plus peuplés et l’on sait que le manque d’arbres provoque une hausse des températures moyennes en cas de canicule, par exemple. L’excellente santé financière de la ville fait que nous pouvons lancer des investissements dans la transition énergétique. Le succès de la finance durable à Genève, à travers l’émission d’obligations vertes, est une formidable occasion pour financer ces investissements.

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Si vous êtes élue conseillère administrative, vous aurez un impact important sur un aspect qui est absent de votre texte: la pollution générée par le déplacement des membres de l’administration communale. La ville de Genève ne doit-elle pas cesser de mettre des places de parking à la disposition de ses employés?

L’exemplarité des élus et des élues est une valeur cardinale de notre démocratie. Si les gens n’ont plus confiance en leurs politiciens, plus aucune réforme ne sera possible. Par exemple, je suis contre la création de parkings au centre-ville comme Clé-de-Rive. Il faut donc que nous soyons cohérents et que nous reconnaissions que l’administration a des efforts à faire. Ce qui me gêne dans le débat sur l’écologie, c’est qu’il se focalise trop souvent sur les questions de responsabilité individuelle. Nous devons agir sur des éléments structurels et collectifs, pas seulement par des taxes, qui créent des inégalités si elles ne sont pas redistribuées.

Les bons résultats des Verts aux élections fédérales se sont faits en partie au détriment des socialistes. Pour les élections municipales, cela change-t-il la donne?

En 2015, le Parti socialiste est monté à 19 élus au sein du Conseil municipal [80 sièges en tout]. Les Verts en ont huit. Je me réjouis donc que ce mouvement de fond leur permette de renforcer leur présence. La priorité est de regagner une majorité au parlement municipal. La législature a été très difficile, avec une majorité PDC, PLR, MCG qui a imposé des coupes dans le social et la culture et qui a été systématiquement désavouée dans les urnes par les Genevois, parfois à 60%, soit bien plus que les scores de la gauche.

Ne craignez-vous pas que cette montée en puissance ne se fasse au détriment de votre parti?

Carlo Sommaruga [conseiller aux Etats élu] a fait de très bons scores en ville de Genève. Cela me conforte dans ma conviction que nous allons nous maintenir. La défense des prestations sociales à Genève et la transition écologique unissent le Parti socialiste et les Verts.

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Vos partis ont déclaré récemment qu’ils étaient prêts à faire une place à l’extrême gauche, au gouvernement municipal. Va-t-on vers un gouvernement monocolore en ville de Genève?

La stratégie de nos partis sera déterminée au soir du premier tour. D’abord, il faut reconquérir la majorité de gauche au Conseil municipal. Personnellement, je suis contre les gouvernements monocolores. En Suisse, le collège est une notion forte qui doit refléter la diversité des opinions au sein de la population. Les assemblées générales décideront si on présentera une liste à cinq ou si un Vert, un socialiste ou un membre d’Ensemble à gauche devra se retirer, le cas échéant.