Le Temps: Pourquoi combattez-vous cette loi?

Eric Voruz: D'abord, il est faux de laisser les communes se débrouiller comme elles veulent pour couvrir 70% des coûts par des taxes. Il en résultera une concurrence intercommunale des plus néfastes. Deuxièmement, je suis contre les taxes, par principe de politique sociale.

– Est-ce à dire que vous rejetez le principe du pollueur-payeur?

– Oui, sous cette forme. L'élimination des déchets est une prestation que la commune fournit aux citoyens et qui doit être garantie par l'impôt de base. Chez nous à Morges, les libéraux nous invitent à introduire la taxe et à diminuer l'impôt sur le revenu, ils espèrent par là un transfert de charges.

– La responsabilité de l'élimination des déchets ne fait-elle pas appel à la conscience du consommateur plutôt qu'à la conscience de classe?

– Pour ma part, je trouve qu'elle s'adresse surtout à la conscience des producteurs, car les consommateurs, eux, ne font que subir.

– Tout le pays étant gagné par la taxe au sac, les Romands font-ils une résistance de Gaulois?

– C'est un phénomène allemand qui s'est répercuté sur la Suisse alémanique et que nous ne sommes pas obligés de suivre. Je veux bien admettre que nous sommes moins avancés écologiquement en Suisse romande. Cela dit, notre système actuel fonctionne parfaitement. A Morges, nous avons des petites déchetteries par quartier, et grâce à ce tri à la base, nous avons pu éviter l'achat d'un camion d'une valeur de 400 000 francs.

– Vous défendez le statu quo alors que le droit fédéral doit être respecté.

– En cas de non le 24 novembre, on trouvera une autre solution pour respecter le taux de 70%. Le moindre mal serait une taxe au sac pour tout le canton. Je pense que le référendum n'aurait pas été lancé si le Grand Conseil avait imposé ce choix.