Le Temps: les enseignants vous ont accusée de pratiquer la langue de bois...

Anne-Catherine Lyon: Cela fait partie du contexte. Des manifestants en colère, fâchés. Le message que je voulais faire passer, c'est que le Conseil d'Etat prête une attention forte aux revendications du personnel. Moi, comme mes collègues, nous les relayons dans nos discussions pour ensuite trouver des solutions.

- Est-ce que vous comprenez la déception des enseignants?

- Je suis impressionnée par la force de ce sentiment. Cependant, quoi qu'on en dise, le gouvernement n'a jamais cherché à dévaloriser une profession. Dans la nouvelle grille, à l'embauche et pendant les neuf premières années, un professeur de gymnase va bénéficier d'un salaire plus élevé qu'aujourd'hui. Ensuite, la structure du nouveau système, qui introduit une plus grande équité entre les classes, aboutit à des pertes sur l'ensemble de leur carrière. Il n'y a pas de volonté de dévaloriser, mais de rééquilibrer.

- Il y a tout de même des perdants?

- Le projet du Conseil d'Etat garantit tous les salaires nominaux. Il n'y a pas de baisse. Mais chaque collaborateur, dans son appréciation, tient compte également de l'espoir d'une progression dans la durée. C'est là que le gouvernement, avec les partenaires sociaux, s'efforce de trouver des issues aux difficultés constatées.

- Decfo/Sysrem est-il un bon système?

- L'actuel est dépassé, protéiforme. Le nouveau gagne en cohérence. Et surtout, il revalorise des métiers qui attendaient depuis 40 ans un sort meilleur. Les instituteurs, mais également les assistants sociaux du Service de protection de la jeunesse (SPJ). Bien sûr, il faudra continuer de travailler sur ses imperfections. C'est un système évolutif. Le Conseil d'Etat n'est pas obtus.