Quand on le rencontre dans la salle des pas perdus, Christian Wasserfallen donne l'impression d'être quelqu'un de plutôt timide, un brin nerveux. Presque étonné d'être là, sous la Coupole. C'est qu'il a un lourd héritage: son père Kurt Wasserfallen était conseiller national jusqu'en décembre 2006, date à laquelle il est décédé des suites d'un cancer.

Mais Christian Wasserfallen est un faux timide. Il sait se démarquer par son franc-parler, se montrer provocant, presque agressif, assurent ceux qui le connaissent. Après les heurts du 6 octobre dernier à Berne, où la manifestation officielle de l'UDC a été chahutée par des anti-Blocher, il n'a pas hésité, au Conseil municipal bernois dans lequel il siège depuis 2003, à montrer du doigt ces «terroristes de la gauche».

«Clarifier les choses»

Kurt Wasserfallen était un spécialiste de la sécurité, connu pour sa ligne dure; Christian, qui aurait souhaité siéger avec son père, se profilera plutôt sur les dossiers de l'énergie et de la formation. Il compte militer pour la construction d'une nouvelle centrale nucléaire. «Je suis bien sûr aussi en faveur d'un développement de l'énergie hydraulique et des énergies renouvelables», souligne-t-il. Avant de dire: «Passablement d'idées fausses circulent. En tant qu'ingénieur, il est de mon devoir de clarifier les choses.»

Deuxième plus jeune du parlement après l'UDC Lukas Reimann, Christian Wasserfallen ne veut pas faire de sa jeunesse un atout, mais compte bien jouer dans la cour des grands. Le Bernois se situe plutôt à droite de son parti. Comme son père. Comment compte-t-il redynamiser le PRD? «Nous devons adopter des positions claires, dans lesquelles nos électeurs peuvent s'identifier. Le PRD n'a pas toujours su le faire», souligne-t-il. Une manière de dire que le parti a besoin d'être dirigé avec plus de poigne.