Le Temps: Acceptez-vous l'idée d'accorder automatiquement la nationalité suisse aux enfants étrangers de la troisième génération nés en Suisse?

Hans Fehr: Je suis opposé à tout automatisme. Nous devons conserver des critères clairs, en exigeant par exemple d'avoir vécu en Suisse pendant une certaine durée et de parler une langue nationale.

– Le Conseil fédéral propose aussi la naturalisation par simple déclaration pour les étrangers de la deuxième génération. Y êtes-vous aussi opposé?

– La naturalisation est un acte d'une grande importance que nous n'avons pas le droit de bafouer. Je n'accepte donc pas qu'on l'accorde sur la base d'une simple déclaration. Il faut une procédure, avec une décision d'une instance communale – je dis bien communale, et non pas cantonale ou fédérale. Je ne pense pas qu'une votation populaire soit la meilleure solution, mais je demande que l'exécutif ou le législatif communal se détermine. Et je rappelle que, pour les étrangers de la deuxième génération qui demandent à être naturalisés, le nombre d'années passées en Suisse compte double entre la dixième et la vingtième année.

– Le Conseil fédéral invite les cantons et les communes à limiter les émoluments perçus en cas de naturalisation.

– Là je suis d'accord. Je pense qu'on peut diminuer les émoluments de moitié, car ils sont trop élevés aujourd'hui.