«Le Temps» recueilleles impressions de nouveaux élus durant leur première session parlementaire Jean-Paul Gschwind 59 ans PDC/JU

A 59 ans, Jean-Paul Gschwind a la rondeur bonhomme et la barbe fleurie. Ce démocrate-chrétien jurassien a repris le siège que le PDC avait égaré en 2007 au profit de l’UDC Dominique Baettig, qui affichait une barbe tout aussi généreuse. Cette parenthèse appartient désormais au passé: au psychiatre blochérien a succédé un chrétien vétérinaire de campagne.

«J’ai rêvé de faire ce métier dès mon plus jeune âge. J’avais été très tôt en contact avec le bétail par l’intermédiaire d’un oncle exploitant agricole», se souvient-il. Grâce à ses deux assistants, il a pu organiser son cabinet de telle façon qu’il ne devra pas en réduire les activités.

Jean-Paul Gschwind est aussi un chrétien convaincu. Par son éducation, qui l’a vu franchir le portail du collège Saint-Charles à Porrentruy, par ses convictions personnelles. «J’accorde de l’importance à la lettre C de PDC. Je me reconnais dans les valeurs chrétiennes de tolérance, de respect d’autrui, de solidarité», résume-t-il.

Au Conseil national, il fera partie de la Commission des finances et a été nommé mardi, c’est tout frais, à la Délégation des finances des Chambres, qui ne compte que six membres. C’est en fait la continuité de son travail au parlement jurassien, où il siégeait à la Commission de gestion et des finances. «Par mon métier, la Commission de l’économie m’aurait aussi intéressé. Mais j’ai dû me résigner: le PDC romand y est déjà représenté par Christophe Darbellay et Dominique de Buman.»

Il a vécu l’élection du Conseil fédéral comme «un grand moment». «J’ai été surpris par la clarté des résultats. Ils correspondent finalement à ce que souhaitait mon parti, à savoir le statu quo.» Au-delà de cette élection, il découvre un monde auquel il n’est pas habitué. «Je suis surpris par l’indiscipline, le manque d’assiduité, le chahut qui règnent au Conseil national. C’était plus strict au parlement jurassien.» Il n’avoue aucun lien d’intérêt et n’en recherche pas – «J’aime avoir les coudées franches». Mais il découvre aussi «le grand nombre d’invitations que nous recevons. Il y en a tout le temps. Le soir, on ne se couche pas bien vite», observe-t-il, en décrétant qu’il faudra trier. Le plus difficile, c’est sans doute l’enfermement pendant les cinq heures que durent les séances quotidiennes. «Ce n’est pas évident pour quelqu’un qui a toujours été en contact avec la nature et la paysannerie.»