Le Temps: Comment avez-vous vécu cette journée d’attente?

Bruna Hamdani: J’ai parlé une première fois à mon mari lundi à neuf heures. Il ne m’a pas confirmé qu’il avait son visa, ni qu’il rentrait. En milieu d’après-midi, alors que les médias me pressaient et que je ne croyais pas un mot de ce qu’on racontait sur le retour de mon mari, je lui ai envoyé un SMS. Il m’a appelée à 17h40, il sortait du Ministère des affaires intérieures, visa en poche. Il devait se rendre au Ministère des affaires extérieures pour un autre entretien. Il ne m’a pas dit sur quoi porterait la discussion, mais il avait l’air confiant.

– Parvenez-vous à vous réjouir?

– Je n’ai aucune idée du jour et du lieu où arrivera mon mari. Voyons s’il rentre encore lundi soir. Je serai plus tranquille dès qu’il aura mis les pieds hors du pays.

– Comment se sent votre époux?

– Physiquement, on ne lui a jamais fait de mal. Mais la pression est psychologique. Je l’ai senti très fatigué ces derniers temps. Heureusement, il a les nerfs solides. Et puis, il y a tout de même eu des gestes de la part de la Libye: après un an et demi, mon mari a été acquitté. En revanche, la situation de Max Göldi me chagrine énormément. Je pense à sa famille, à son épouse. Nous sommes très proches. J’espère que ce sera bientôt la fin du cauchemar, pour l’un et pour l’autre.