«Le Temps» recueille les impressions de nouveaux élus durant leur première session parlementaire Céline Amaudruz 32 ans(UDC/GE)

Céline Amaudruz n’a pas eu de chance. Coquette, elle a vécu sa prestation de serment de nouvelle élue, le 5 décembre dernier, avec des hématomes sous les yeux et un plâtre sur le visage qui lui donnait l’air d’un personnage du film Avatar de James Cameron. La faute à sa jument Ulisca, qui lui a cassé le nez d’un méchant coup de tête. «Je devais être en congé maladie, à cause des risques de saignements et de maux de tête, mais j’étais présente tous les jours de la session. Sauf le lundi 12, où j’ai dû enlever les fils. J’ai le caractère d’une battante. Seule la mort m’empêchera de me lever», dit-elle, déterminée, après avoir posé pour un photographe, des boules de Noël à la main.

Elle garde malgré tout des souvenirs émus de son premier jour: «L’hymne national chanté par la cantatrice, c’était magique.» Beaucoup moins du 14 décembre, qui s’est soldé par l’échec de l’UDC dans sa tentative de récupérer son deuxième siège. «Bon, c’était prévisible. La concordance n’a pas été respectée! Mais j’ai trouvé passionnant de vivre, au sein de notre groupe, toutes les tractations précédant l’élection du Conseil fédéral.»

La stratégie de son parti, dès l’élection de la ministre socialiste Simonetta Sommaruga, d’attaquer tous les sièges restants avec le Fribourgeois Jean-François Rime, a été critiquée à l’interne. Qu’en pense-t-elle? «Nous en discutons entre nous. Pas publiquement. Il n’y a aucune raison que je dise ce que j’en pense aux médias.»

Présidente de l’UDC genevoise depuis l’été 2010, cette novice en politique – elle n’est membre du parti que depuis 2009 – a fait l’objet de menaces. Y compris depuis son élection au Conseil national: «La voiture de la femme de mon père a été vandalisée. Il y a vraisemblablement quelqu’un qui me suit. La justice s’en occupe.» Mais elle n’a pas eu de problèmes lorsqu’elle est retournée vivre deux semaines chez son père en raison de ses pépins de santé.

Gestionnaire de fortune et sous-directrice chez UBS, élue à Puplinge, «Marmouzette» – surnom que lui donne son père avocat et membre de l’UDC – siège au sein de la Commission des finances. Dans l’hémicycle, celle qui voue une passion sans bornes à Christoph Blocher est assise à côté de son mentor, le Neuchâtelois Yvan Perrin, vice-président du parti, à qui elle pourrait succéder. «Oui, j’ai dit que j’étais intéressée par la vice-présidence», confirme-t-elle. «Mais je dois réfléchir si ce n’est pas trop tôt pour moi. Il faut en tout cas qu’il y ait plusieurs candidats qui se présentent: nous devons créer de l’engouement, redynamiser le parti après les dernières défaites que nous avons vécues.»