Le coronavirus infectera-t-il bientôt la Suisse? C’est la question à laquelle l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a tenté de répondre lors d’une séance d’information ce mardi à Berne. Si aucun cas n’a été constaté jusque-là, les experts reconnaissent qu’il est «impossible d’exclure» que le virus fasse son chemin dans le pays. Tout est cependant mis en œuvre pour que, le cas échéant, la maladie puisse être gardée sous contrôle dans les meilleures conditions possible.

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Dix-sept pays contaminés

«La situation change tellement rapidement que les chiffres que j’avais préparés il y a vingt-cinq minutes ne sont déjà plus à jour», reconnaît, dès sa prise de parole, le responsable de la section «Gestion de crise et collaboration internationale» à l’OFSP, Patrick Mathys. «Nous avons à l’heure actuelle connaissance de 4600 cas en Chine, dont 107 décès. Ces chiffres ne montrent sûrement pas la réalité, qui est vraisemblablement plus grave. Dix-sept autres pays sont pour le moment touchés, dont la France et l’Allemagne. Par chance, aucun cas de contamination d’un humain à un autre n’a pour le moment eu lieu en Europe.» Cette information sera démentie avant même la fin de la conférence de presse par les autorités bavaroises, où une première transmission a été confirmée mardi matin.

Quid de la Suisse? «Les deux cas suspects identifiés à Zurich ont été analysés. Ce n’était pas le coronavirus», répond Isabella Eckerle, responsable du centre des maladies virales émergentes des Hôpitaux universitaires de Genève. Chargés de l’examen des échantillons de sang prélevés sur les potentiels porteurs du virus, les HUG ont formé une task force spéciale qui travaille au dépistage de la maladie jour et nuit, «week-end compris», au rythme de trois séries de tests par jour. «Ces derniers se sont jusqu’à maintenant tous révélés négatifs», rassure l’OFSP, qui ajoute que les deux cas zurichois ne représentent qu’une «petite partie» du nombre total d’alertes survenues ces derniers jours.

Comme le coronavirus se manifeste par de la fièvre, de la toux et des difficultés respiratoires – symptômes similaires à ceux de la grippe, également en pleine expansion – l’Office s’est refusé à communiquer le nombre d’échantillons analysés jusqu’ici dans le pays. Une contamination avérée déclencherait toutefois un communiqué immédiat.

«A plus d’un mètre, pas de problème»

En attendant la mauvaise nouvelle, la Suisse n’a pour l'instant pas prévu de prendre de mesures spéciales. «Les aéroports de Heathrow et de Rome en ont pris, mais les deux villes offrent des vols directs au départ de Wuhan», souligne Daniel Koch, responsable de la division Maladies transmissibles de l’OFSP. «La Suisse pourrait également le faire, toutefois cela devrait s’inscrire dans une perspective européenne. Si nous testons les passagers à Zurich alors que Francfort ne le fait pas, cela n’a pas de sens.» Aucune recommandation concernant les voyages en Chine n’a jusqu’ici été faite par la Confédération. Seule action annoncée ce mardi: la mise en place d’une hotline pour renseigner la population.

Celle-ci demandera peut-être si l’achat d’un masque est nécessaire, ce à quoi l’OFSP a répondu ce mardi que la situation ne l’exigeait pas «pour le moment». Si elle devait changer, cela pourrait toutefois poser problème: «Les masques manquent déjà en Suisse tout comme en Asie, concède Daniel Koch. Et comme ils sont fabriqués là-bas… La Confédération disposait bien d’un stock mais celui-ci est périmé.» Quant à savoir s’il faut se méfier des touristes chinois de passage dans les Alpes, le responsable assure qu’en dehors d’un contact «étroit, à moins d’un mètre, cela ne devrait pas poser de problème». Un constat qui ne rassurera pas tout le monde.


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