La Suisse propose une candidate au poste de commissaire aux droits de l'homme nouvellement créé par le Conseil de l'Europe à Strasbourg. Gret Haller, actuellement médiatrice pour les droits de l'homme en Bosnie, est sur les rangs en compagnie de la Roumaine Monica Luisa Macovei et de l'Espagnol Alvaro Gil-Robles. Le nouveau commissaire sera élu en septembre par l'Assemblée parlementaire et prendra ses fonctions en janvier 2000, pour un mandat de six ans.

Le mandat du commissaire, finalisé lors de la dernière rencontre ministérielle du Conseil de l'Europe à Budapest, porte sur la promotion des droits de l'homme au sens large. Il s'agit d'un poste politique et non juridique. Le nouveau commissaire aura à promouvoir l'éducation et la sensibilisation aux droits de l'homme et leur respect dans les pays membres. Il pourra fournir des conseils relatifs à la prévention des violations des droits de l'homme, identifier d'éventuelles insuffisances et adresser des rapports aux différentes instances du Conseil de l'Europe.

Trois candidats restants

Six candidats étaient en lice devant le Comité des ministres et il a fallu sept tours de scrutin pour dégager les trois candidatures qui seront soumises à l'Assemblée parlementaire. L'Espagnol Gil-Robles, frère du précédent président du Parlement européen, est arrivé en tête, suivi par Gret Haller et loin derrière par la candidate roumaine. Il sera sans doute soutenu par les Etats de l'Union européenne. Les chances de Gret Haller ne sont pas pour autant nulles et ce sera l'occasion pour la Suisse de mesurer son audience à Strasbourg.

On fait observer qu'elle occupe déjà la présidence de la Cour de justice, avec le professeur Wildhaber. Et elle paraît manifester beaucoup d'appétit, puisqu'elle brigue également le poste de procureur du Tribunal pénal international à La Haye, avec la candidature de Carla Del Ponte. Formellement, les deux candidatures n'ont rien à voir l'une avec l'autre et Gret Haller avait été pressentie depuis longtemps pour ce poste, pour lequel elle a manifesté très tôt de l'intérêt. En septembre de l'année dernière déjà, Flavio Cotti se prononçait pour la mise en place d'un lobbying informel en faveur de Gret Haller auprès de toutes les instances concernées.

Gret Haller avait précisément quitté le poste d'ambassadrice auprès du Conseil de l'Europe, occupé tout juste une année, pour celui de médiatrice pour les droits de l'homme en Bosnie. Socialiste, engagée dans la cause féministe, parlementaire fédérale, Gret Haller a présidé le Conseil national en 1994. Candidate des femmes socialistes lorsque Moritz Leuenberger fut élu au Conseil fédéral, elle n'avait rencontré qu'un modeste soutien dans son parti, avec lequel elle a entretenu des rapports parfois conflictuels.