fête nationale

La Suisse célèbre son 1er Août, en forme mais inquiète

Appel à serrer les rangs, doutes face à l’avenir: florilège de propos tenus autour du feu patriotique

Pour le traditionnel message présidentiel du 1er Août, Eveline Widmer-Schlumpf s’exprimait de Juf, le village grison connu comme la localité habitée la plus élevée d’Europe (2133 mètres). Un choix pour prendre de la hauteur face au brouhaha de l’actualité. La présidente de la Confédération a demandé aux Suisses de lutter ensemble pour faire face à une situation internationale instable qui pourrait affecter le pays.

A l’instar du sport suisse qui a vécu mercredi une journée maussade douchant les élans patriotiques, la célébration de la Fête nationale a inspiré son lot de discours, pour la plupart empreints d’inquiétude. La situation économique internationale alourdit le climat, dans notre pays également. La Suisse va bien et mieux que partout ailleurs en Europe, se sont réjouis la plupart des orateurs, mais le triomphe n’est pas de mise, c’est le moins que l’on puisse dire. Florilège.

«Plus rien n’est stable. Le monde, celui de l’économie et de la finance notamment, est devenu imprévisible. Des mesures de sauvetage ont été prises pour venir en aide aux banques et à l’euro. Des boucliers contre la crise ont été mis en place. Mais si les digues venaient à céder en Europe, la Suisse serait aussi submergée. Nous en sommes conscients et cela nous force à lutter. […] Ces prochaines années, la Suisse se verra confrontée à une situation plus rude et à une pression extérieure plus forte encore. (..) Dans ces circonstances, il importe de ne pas se tirer dans le dos mais, au contraire, de serrer les rangs […].»

Eveline Widmer-Schlumpf, présidente de la Confédération.

«L’histoire ne se répète jamais mais elle reproduit toujours les mêmes schémas. Il y a danger pour un pays quand ses dirigeants ignorent les soucis, les peurs et les besoins du peuple. Les élites suisses d’hier ont montré de façon exemplaire comment leur aveuglement a détruit la confiance dans l’Etat. Toujours, il se trouve des voix pour appeler à une nouvelle ère. Des personnes euphoriques veulent vite laisser les acquis derrière eux et s’enthousiasment pour de grandes visions. Pourtant, la prudence est de mise, car la facture ne sera présentée que plus tard. Celui qui cède devant les exigences de son ennemi avec l’espoir que ses concessions modéreront celui-ci fait fausse route. Dans la politique internationale, des concessions rapides ne font qu’entraîner de nouveaux sacrifices.»

Ueli Maurer, conseiller fédéral, évoquant la bataille de la Berezina de 1812 et tirant des leçons de cet héritage pour le présent.

«Il est extrêmement important que nous réformions notre système de sécurité sociale et que nous le rendions apte à affronter l’avenir. […] Il ne suffit pas d’avoir raison, encore faut-il avoir l’appui de la majorité. Il faut pour cela des réformes équilibrées, qui nous permettent de trouver une stabilité dans le changement. La sécurité sociale est le fondement qui nous permettra de réussir. La peur ne donne pas des ailes, comme certains milieux voudraient bien nous le faire croire […] Elle paralyse et entraîne une attitude de méfiance qui risque d’étouffer toute réforme dans l’œuf.»

Alain Berset, conseiller fédéral.

«Nous n’avons pas perdu l’esprit pionnier, il nous est seulement difficile de prendre des décisions, d’oser la nouveauté. La Suisse doit faire preuve d’un peu plus de courage et d’idées visionnaires.»

Doris Leuthard, conseillère fédérale.

«Tout va bien en Suisse, mais attention à ne pas manquer le virage.»

Urs Schwaller, conseiller aux Etats PDC/FR.

«Aujourd’hui, c’est de l’intérieur que vient la plus grande menace sur le pays et ses habitants.»

Christoph Blocher, conseiller national (UDC/ZH), glosant sur les velléités qu’il prête à la «classe politique» de vouloir entraîner la Suisse dans l’Union européenne.

«La population suisse augmente rapidement. Le développement économique se concentre sur quelques agglomérations. Et cette croissance crée un certain malaise […]. Nous devons décupler notre engagement pour mieux répartir les fruits de la croissance.»

Christian Levrat, président du Parti socialiste suisse.

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