L’analyse politique du jour

Presque tous les sympathisants de l’UDC (98%) ont voté pour l’initiative, aussi approuvée à 51% par les électeurs du PLR. Mais seuls 37% des votants du PDC ont déposé un «oui», contrairement à la recommandation de leur parti. L’initiative n’a en revanche guère rencontré de sympathie chez les socialistes: seuls 12% l’ont approuvée. Le refus équivalait souvent (42%) à un rejet de tout durcissement de la pratique. Les autres raisons portaient sur le catalogue des délits et les motifs d’expulsion (17%), alors que 15% ont voté «non» car l’initiative émanait de l’UDC. Une partie importante des partisans de l’initiative a perçu ses faiblesses mais l’a approuvée malgré tout. En outre, 52% de ceux ayant voté «oui» à l’initiative et «non» au contre-projet estimaient que l’initiative promettait bien davantage que ce qu’elle pourrait mettre en œuvre.

Le taux d’approbation du contre-projet a été le plus élevé au centre de l’échiquier: 64% pour les partisans du PLR et 63% pour ceux du PDC. Quant aux proches de l’UDC, ils ont approuvé à 94% la recommandation du parti de le rejeter. Les électeurs du PS étaient aussi divisés que leurs dirigeants: une moitié votant «oui», l’autre «non». Parmi les adversaires du contre-projet, 43% ont estimé qu’il était trop coulant, et 20% qu’il allait trop loin. En raison du pronostic favorable dont jouissait l’initiative avant le vote, 32% des partisans du statu quo ont choisi d’approuver le contre-projet afin d’éviter une acceptation de l’initiative. Il a été soutenu par des personnes estimant que l’initiative allait trop loin (21%). En tout, 16% ont reconnu que leur approbation était purement tactique.

Les scrutins concernant les migrants montrent que les votants sont de plus en plus critiques envers les étrangers, selon les sondages de ces dernières décennies. La gauche, la jeunesse, les personnes ouvertes au monde, les citadins et ceux bénéficiant d’une bonne formation se montrent les plus favorables. Les votants de droite, attachés aux traditions et habitant la campagne se montrent plus réfractaires. Les femmes sont en général plus favorables que les hommes. Dans les années 1970, la méfiance était bien plus perceptible dans les villes que dans les campagnes. Jusque dans les années 1980, les sympathisants de l’UDC étaient plus proches de ceux du PLR et du PDC dans leur opinion. Depuis, ces questions suscitent davantage de polarisation.